Assassinat politique d'une journaliste : la corruption de Malte dénoncée

Victor De Sepausy - 11.04.2018

Edition - International - Malte assassinat journaliste - Daphne Caruana Galizia - enquête justice Malte


La journaliste d’investigation maltaise, Daphne Caruana Galizia, a été assassinée voilà six mois. L’organisation PEN Club Français diffuse, à ce jour, une lettre pour accompagner le courrier que le PEN Club International a adressé à la Commission européenne. Pour chacun, les conditions de l’enquête autour de cet assassinat sont douteuses.

 


mémorial en hommage à Daphne Caruana Galizia - Continentaleurope CC BY SA 4.0


 

Les deux organisations de défense de la liberté d’expression réclament en effet « une enquête indépendante sur cet assassinat politique ». Elles insistent sur la nécessité que « justice soit rendue à celle qui fut une conscience morale de la démocratie européenne ».

 

Le courrier du PEN Club Français est reproduit ci-après et la lettre du Pen Club international proposée en fin d’article. Les signataires français de la lettre ouverte du PEN Club International sont les suivants :

• Georges-Emmanuel Clancier, Vice-Président émérite du PEN International

• Sylvestre Clancier, Président d’honneur du PEN Club Français, ancien membre du Comiré exécutif du PEN International

• Andréas Becker, Président du Comité des Écrivains Persécutés du PEN Club Français

• Patrick Tudoret, Vice-Président du PEN Club Français 
• Emmanuel Pierrat, Président du PEN Club Français

 

 

 

Journaliste intègre, critique et engagée, Daphne Caruana Galizia a été assassinée parce qu’elle dénonçait, à travers ses enquêtes et révélations, la corruption à Malte entre certains responsables politiques et de puissantes sociétés implantées sur l’île. 

 

Morte dans l’explosion de sa voiture piégée le 16 octobre 2017, la barbarie de l’assassinat de Daphne Caruana Galizia rappelle davantage la Turquie d’Erdogan que l’Union européenne. Les conditions suspectes de sa mort nous interpellent sur la responsabilité de la République de Malte qui n’a aucunement cherché à protéger une journaliste en danger alors qu’elle avait reçu, deux semaines avant son décès, des menaces de mort. 
 

Les conditions de l’enquête, actuellement au point mort, sur le décès de Daphne Caruana Galizia continuent aujourd’hui de nous interroger sur la volonté gouvernement d’établir la vérité sur les causes de son odieux assassinat. 
 

En effet, plutôt que de permettre à la Justice de réaliser sereinement son travail, le Premier ministre, Joseph Muscat insiste pour juger 34 affaires de diffamation, intentées contre Daphne Caruana Galizia, à l’encontre de sa famille, dont son fils, Matthew, journaliste et lauréat du Prix Pulitzer. 
 

Ahmet Altan : le PEN Club français enjoint la Turquie
à protéger la liberté d’expression

 

De la même façon, alors que La Valette 2018 est actuellement la Capitale européenne de la Culture, son représentant officiel, Jason Micallef, attaque et ridiculise constamment Daphne Caruana Galizia en s’opposant notamment au retrait des bannières dans la capitale maltaise appelant à la justice. 
 

Au-delà de ces attitudes scandaleuses et outrancières, c’est la mémoire de Daphne Caruana Galizia qui est aujourd’hui bafouée. Le mémorial temporaire érigé en son honneur est régulièrement victime de dégradation et de vandalisme. 
 

Depuis sa création, le PEN Club Français s’est tenu aux côtés de celles et ceux qui défendent pacifiquement la liberté d’expression et milite constamment pour soutenir les nombreux écrivains menacés partout dans le monde. 

Ayant pour vocation la défense des libertés d’expression et de création, le PEN Club Français intervient contre toutes les formes de censure et apporte son soutien aux écrivains persécutés à travers le monde. 
 

À travers des centres dans plus d’une centaine de pays, le PEN Club opère sur les cinq continents. L’organisation n’a pas d’affiliation politique et dispose d’un statut consultatif spécial auprès de l’ONU et d’association auprès de l’UNESCO. 
 

Alerter l'opinion publique, en mémoire de Daphne Caruana Galizia


Fondé en 1921 en France, le Pen Club Français a été présidé notamment par Anatole France, Paul Valéry, Jules Romains, Jean Schlumberger, André Chamson, Pierre Emmanuel, ou encore Georges-Emmanuel Clancier. 

Depuis les années 1960 et la création de son Comité des Écrivains Persécutés, le PEN Club documente et milite contre les violations des droits de l’homme, et soutient les écrivains emprisonnés et menacés dans leur propre pays et ailleurs dans le monde. 
 

En 2017, grâce à notre intervention, le PEN Club Français a pu obtenir la libération du jeune écrivain algérien Anouard Rahmani. Aujourd’hui, le PEN Club Français s’investit particulièrement pour demander la libération de l’écrivain et journaliste turc Ahmet Altan, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en Turquie. À l’image de ces combats, nous continuons de soutenir les nombreux écrivains et journalistes persécutés. C’est aujourd’hui pour la mémoire de Daphne Caruana Galizia que nous décidons d’alerter l’opinion publique. 
 

Le PEN Club Français enjoint donc Malte de respecter les critères d’indépendance, d’impartialité et d’efficacité de la Justice requis par le droit international. De la même façon, nous demandons au gouvernement maltais de respecter ses obligations constitutionnelles de protéger la liberté d’expression et de garantir le respect des Droits de l’Homme. Nous rappelons que Malte, au-delà d’appartenir à l’Union européenne, est membre du Conseil de l’Europe, signataire de la Convention européenne des droits de l’homme, et doit, de ce fait, permettre aux écrivains et journalistes de pouvoir écrire, parler, critiquer et protester sans crainte de représailles. 
 

Aussi, pour que personne n’oublie que la liberté d’expression se vit et se défend au quotidien, le PEN Club Français vous invite à prendre connaissance de la lettre du PEN International adressé à la Commission européenne et à la diffuser largement. 
 

Parodie de justice au Vietnam pour six dissidents sacrifiés


 

Dans ce courrier, le PEN International en appelle au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et pointe que « l’assassinat de Daphne Caruana Galizia fut commandité en réponse directe à son travail journalistique, qui a dévoilé la corruption latente du gouvernement [maltais], au cœur de l’Union Européenne ». Il est disponible en versions anglaise et française.
 


Commentaires

"Morte dans l’explosion de sa voiture piégée le 16 octobre 2017, la barbarie de l’assassinat de Daphne Caruana Galizia rappelle davantage la Turquie d’Erdogan que l’Union européenne." Cette volonté malsaine de mettre sur le dos de la Turquie une affaire dans laquelle Elle n'a rien à voir ! Quelle malhonnêteté !

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