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Assurer 'la meilleure rémunération minimale aux libraires' (Bétourné)

Clément Solym - 04.09.2011

Edition - Economie - librairie - edition - marges


Vendredi dernier, nous révélions comment plusieurs éditeurs indépendants avaient décidé de se réunir et réfléchir à des solutions pertinentes pour venir en aide à la librairie indépendante.

Dans le projet, des solutions permettant aux libraires d’améliorer leurs marges, avec différentes solutions abordées, et impliquant non seulement les éditeurs, mais également les distributeurs. Deux axes majeurs :
  • Des remises supérieures à celles accordées actuellement soit globalement selon le chiffre d’affaires, soit par contrat individuel.
  • Une baisse des retours s'appuyant sur une analyse plus stricte des flux et la mise en place de « bonnes pratiques ».
(Voir notre actualitté)


Le même jour, Olivier Bétourné, président, des éditions du Seuil publiait une tribune dans Le Monde, dont nous nous faisions l’écho immédiatement.


Pointant que la croissance du livre, si elle est indéniable depuis ces trente dernières années, le chaos est venu de « l’affirmation de la grande distribution et du commerce sous enseigne, surgissement d'Internet ».
Il y a un peu plus de trente ans, lorsque j'ai fait mes premiers pas dans l'édition, au Seuil déjà, la librairie dominait nettement le commerce du livre en France : 40 % environ du chiffre d'affaires passait par elle.

Aujourd'hui, cette part de marché est tombée à 25 %, si l'on en croit le panel TNS Sofres. Affaiblissement spectaculaire, mais logique, sous l'effet des nouveaux modes de commercialisation des biens culturels, de la montée en puissance des temples de la consommation et, plus récemment, des nouvelles technologies.
Et si la librairie indépendante en France a mieux résisté que dans d’autres pays, notamment grâce à la loi sur le prix unique du livre, qui empêche toute forme de concurrence, Olivier Bétourné souligne que c’est aussi par elle qu’ont émergé des auteurs nouveaux, et des oeuvres portées vers le public, par le soutien de ces professionnels.

Attention cependant à ne pas être aveuglés, et ne pas céder au chant de sirènes du libre marché... Devant une offre de vente en ligne comportant des centaines de milliers d’oeuvres, proposée sur le net, un libraire ne pourra faire valoir que sa connaissance des oeuvres. Et si le secteur se porte bien, c’est au détriment de la librairie, reconnaît Olivier Betourné.

Et à l’image des propositions d’éditeurs, en qualité de distributeur, la société Volumen, qui distribue le Seuil, entend réfléchir à trois projets :

Premier axe : réexaminer les « conditions générales de vente », afin d'assurer la meilleure rémunération minimale aux libraires.

Deuxième axe :
multiplier les contrats de partenariat. L'idée est ancienne, elle n'a jamais été appliquée avec suffisamment de détermination. Le principe en est simple : il s'agit, tout à la fois, d'inciter le libraire à mettre en avant les jeunes écrivains et, d'une manière générale, la littérature de création, à conserver dans sa librairie une part significative du fonds de l'éditeur, et enfin à fixer d'un commun accord un taux de retour acceptable par les deux partenaires. En contrepartie, l'éditeur s'engage sur l'octroi d'une remise plus forte.

Troisième axe :
réaménager le modèle de commercialisation du livre, afin d'en réduire les coûts. Les pistes d'économies sont sérieuses, explorons-les ensemble, et faisons bénéficier en priorité les libraires des gains de productivité ainsi obtenus.

Retrouver l’intégralité de la tribune d’Olivier Bétourné sur Le Monde 

On pourra également retrouver un extrait inédit de l’ouvrage de Vincent Demulière, Inventer ensemble la librairie de demain, qui tente de brosser le portrait d’un futur nouveau, et global.