Grèce : la TVA sur le livre pourrait être baissée

Antoine Oury - 10.07.2015

Edition - International - livres - TVA - Grèce


Toujours poursuivie par ses créanciers, la Grèce devait présenter hier soir un nouvel ensemble de mesures, destinées à redonner confiance aux marchés et aux banques. Délicat exercice, qu'Athènes a tenté hier soir, avec un envoi à Bruxelles : coupes dans les budgets de la Défense, réforme des retraites et de la fonction publique... Les leviers sont connus : la hausse de la TVA en fait d'ailleurs partie, mais Athènes propose de sanctuariser le livre.

 

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Librairie sur l'île de Santorin, en Mer Égée (Klearchos Kapoutsis, CC BY 2.0)

 

L'Union internationale des éditeurs (IPA) a visiblement été entendue, du moins par le gouvernement grec : à la mi-juin, l'organisation avait invité les autorités du pays à ne pas sacrifier le livre sur l'autel des impératifs financiers. « Les taux réduits de TVA pour les livres font partie d’une politique propre aux plus importantes économies. Cet engagement prend en charge la lecture, l’éducation et l’accès à la connaissance, qui sont les éléments clefs pour bâtir l’avenir économique de la Grèce », plaidait l'IPA.

 

Certes, mais il restait encore à bâtir un projet à même de convaincre les institutions européennes : les créanciers appelaient ainsi une hausse de la Taxe sur la Valeur Ajoutée de leurs voeux, laquelle pourrait apporter un point de PIB en plus au pays. Même si cela se fait aux dépens de la population...

 

Le gouvernement grec s'y est toutefois plié, et propose ainsi un taux harmonisé de TVA, à 23 %, y compris pour la restauration, un secteur essentiel à l'économie du pays. Les aliments de base, l'énergie, les hôtels et l'eau bénéficieraient d'un taux à 13 %, rapporte France TV Info, mais le livre (papier), lui, pourrait se retrouver gagnant avec une TVA à 6 %, contre 6,5 % actuellement.

 

Le précédent ministère des Finances de la Grèce avait émis la possibilité de rehausser le taux de TVA sur le livre à 7,5 %, ce qui avait généré des craintes pour le secteur du livre et de l'édition du pays. Reste encore à attendre la validation des créanciers, ce qui n'est pas gagné, même si Athènes multiplie les efforts. En outre, la suppression de la TVA allégée dans les îles les plus riches et touristiques fait partie des signaux encourageants, susceptibles de convaincre Bruxelles.