Attentat à Nice : l'écrivain Max Gallo pleure avec sa ville

Cécile Mazin - 18.07.2016

Edition - Société - attentat nice meurtres - Max Gallo Nice - mort Promenade Anglais


L’Académicien Max Gallo était interrogé ce matin sur RTL : originaire de Nice, il revenait sur le drame survenu la semaine passée. « D’abord, c’est un sentiment de surprise énorme comme si vous étiez brusquement ébloui, “ébloui” au sens d’un phénomène météorique », explique-t-il. 

 

 

 

 Une carrière d’écrivain, avec Nice en toile de fond, c’est ainsi que Max Gallo se représente « un Niçois jusqu’au bout des ongles, j’ai bâti ma carrière au fond, sur le rapport qu’un écrivain peut avoir avec sa ville natale, avec Nice, et je suis effectivement, terriblement marqué au-delà de ce que j’aurais imaginé ». 

 

Le camion qui a percuté les passants sur la croisette, faisant 84 morts et plus de 200 blessés, a plongé le pays dans le deuil. Une minute de silence a été respectée ce 18 juillet, et l’écrivain, comme tout un chacun, affirme ne pas en être revenu.

 

« Mais disons que, ce choc, je ne m’en suis pas débarrassé. Il est encore là et je revois des images de ma propre vie avec la guerre, la Libération, etc. les conflits, et je retombe sur la réalité, ce crime, ce massacre d’une certaine façon, employons même ce mot, ce massacre prémédité, semble-t-il, (…), je crois qu’il ne faut pas essayer de se débarrasser de cette douleur qu’on éprouve, et de ce sentiment d’inattendu au sens tragique du mot. »

 

Interrogé au micro de RTL, il raconte :

 

« D’abord, j’ai le sentiment d’impossibilité, ça ne peut pas nous arriver à nous, dans cette ville, dans notre ville, dans notre histoire, dans notre vie, il faut tenir compte de ça, ce qui reste, cet immense choc. Et, sentiment de révolte.

 

Sentiment de révolte parce qu’on nous fait la guerre, on fait la guerre à la France et je crois qu’il faut avoir le courage d’accepter d’une part de répondre parce que c’est un acte de guerre qui a été accompli (…) et en même temps, nous sommes aussi une société de droits c’est-à-dire qu’il faut que cette riposte à une action guerrière contre nous, criminelle contre nous, il faut qu’il y ait une réponse qui soit aussi cadrée et ça, c’est très important parce que c’est bien par cet aspect-là que nous sommes une démocratie. »

 

Bien entendu, la parole politique intervient, après le massacre, et l’Académicien ne peut que souligner l’importance d’un « rappel à l’unité ». Cependant, il déplore que, peu après les appels au rassemblement, et la condamnation, surviennent les guerres claniques et les conflits, des rivalités parfois mesquines...

 

"Je suis tout à fait accablé"

 

L’image de la Promenade des Anglais balayée par un 18 tonnes lancé s’impose comme une souffrance terrible. « C’est une ville magique et il ne faut pas que, cette ville magique, nous la laissions être détruite ou nous l’isolions. En réalité, elle a des atouts formidables et je voudrais dire : “Vous êtes frappés par un terroriste parce qu’il se place à la hauteur de votre grandeur, d’une certaine manière. Du fait, qu’il y a cette Baie des anges, c’est quelque chose de quasi miraculeux pour le dessin géographique, la beauté et on ne doit pas perdre de vue cet aspect-là, qui est ce qui nous relie, chacun d’entre nous, à un point particulier de notre histoire nationale.”. »

 

Et de poursuivre : « Je suis tout à fait accablé par ce que nous avons tous subi et que nous subissons encore avec ce massacre. Réellement, j’ai attendu avant de répondre à votre demande d’interview parce que je me disais “Tu n’as pas le droit de parler, parce que ça ne sert à rien. Bref ! » [...]

 

« Ce qu’on nous a appris, c’est qu’en chaque homme, il y a une part d’homme, un humain. Et celui qui est un homme politique ne doit pas négligé dans ses préoccupations, cette reconnaissance de l’humanité d’un homme. C’est aussi, de cette manière, qu’on peut condamner et combattre le racisme ou le terrorisme en rappelant précisément l’humanité de notre condition à la condition évidemment, de la garder vivante dans le cadre de la communauté. »