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Attentat contre une librairie néofasciste à Florence : la piste anarchiste suivie

Clément Solym - 04.01.2017

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Une douzaine de militants anarchistes ont fait l’objet de perquisitions suite à l’explosion d’une bombe devant une librairie de Florence. De nouvelles informations, après l'ouverture d'une enquête, ont été communiquées par le procureur, Beatrice Giunti. Aucune preuve reliant les personnes à l’attentat n’a pour l’heure été établie.

 

 

 

Rue Leonardo Da Vinci, à Florence, l’explosion survenue devant la librairie Il Bargello, proche du mouvement néofasciste CasaPound, mobilise les forces de police. Et pour l’heure, ces dernières restent sceptiques quant aux moyens déployés pour réaliser l’engin explosif. Tant le matériel, que l’usage d’un minuteur laissent encore planer de sérieuses interrogations.

 

Dans l’explosion, l’appareil a été détruit, et la reconstitution est laborieuse, nécessitant de récupérer les moindres fragments laissés dans la rue. Les premières conclusions confirment que les matériaux employés sont disponibles dans le commerce, et les enquêteurs privilégieraient une piste menant à des groupes anarchistes originaires de Toscane. Mais le manque de données rend cette hypothèse encore fragile.

 

Aucune revendication n’a été formulée.

 

L’officier qui avait tenté de désamorcer l’engin a perdu dans l’explosion sa main gauche, qui a nécessité une amputation, et l’œil droit, en dépit de l’hospitalisation immédiate.

 

Les responsables de l’établissement ont diffusé plusieurs messages depuis Facebook : « Nous remercions les centaines de personnes qui ont exprimé leur compassion et leur solidarité. C’est une action emblématique de tout l’amour que vous nous portez, en ces heures, et qui nous rend fiers d’appartenir à un mouvement politique où la solidarité n’est pas seulement une rhétorique vide. »

 

De son côté, l’écrivain Pietrangelo Buttafuoco, qui avait pris part à la fondation de la maison d’édition, La Nave di Teseo, en novembre 2015 avec Umberto Eco, assure : « La librairie Bargello, de Florence, a fait l’objet d’un attentat à la bombe. Fréquentée par des militants de CasaPound, elle offre des livres indésirables [...]. En Italie, où les librairies ferment par manque de clients, l’une d’entre elles spécialisée dans un marché non homologué, a dû baisser son rideau, à cause d’un minuteur et d’un peu de fils électriques. On le sait, lire est un acte purement révolutionnaire. Et les démocrates s’adonnent donc à la contre-révolution. »

 

Profitant de l’occasion, la librairie a également décidé de mettre à l’honneur le livre de Ray Bradbury, Fahrenheit 451 – bien entendu. « Nous avons déjà rouvert, car céder à la peur aurait donné raison à ces personnes que nous n’hésitons pas à qualifier de terroristes. » Et de détailler le fond du livre de Ray Bradbury, pour expliquer le choix de la lecture publique qui sera organisée. « Quelqu’un semble vouloir mettre [le contenu du livre] en pratique actuellement. Nous, nous serons ici pour empêcher cela, comme dans le livre le fait [Guy] Montag [le pompier pyromane, héros du roman, NdR]. »