Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Attentat perpétré à Florence contre une librairie proche de l'extrême droite

Clément Solym - 02.01.2017

Edition - Librairies - attentat bombe Florence - librairie terrorisme CasaPound - Italie terroristes agression


À Florence, 2017 a commencé dans le sang, avec un attentat perpétré contre une librairie. Mais l’établissement n’est pas banal : il s’agit d’une librairie proche du mouvement CasaPound, connu en Italie pour ses positions néofascistes, trouvant sa place dans l’extrême droite du pays.

 

Librairie Bargello

 

 

La bombe artisanale était placée dans un de ces sacs que l’on utilise pour faire son shopping, plutôt commun dans la période. Laissé en évidence, ce dernier a attiré l’attention des autorités et une équipe de démineurs a été diligentée.

 

Un agent de la Digos, Divisione Investigazioni Generali e Operazioni Speciali, s’est alors lancé dans une tentative de désamorçage. Mais la bombe a fini par exploser malgré tout, entraînant de graves blessures pour l’agent. Immédiatement hospitalisé, il a perdu sa main gauche et l'œil droit dans la violence du souffle.

 

À ce jour, aucune réclamation n’a été formulée, mais la police dispose déjà de premières analyses et conclusions : « [L’attentat] est certainement en rapport avec un objectif de nature politique, ce que confirment les caractéristiques de la bombe », assurent les autorités.

 

Dario Nardella, maire de Florence, a immédiatement condamné cet acte de terrorisme. « C’est un incident grave et sans aucune justification. J’exprime toute ma solidarité à l’égard de l’officier blessé, et celle de toute la ville. Les coupables doivent être traduits en justice dans les meilleurs délais. Florence est une ville de paix, et ne saurait être symbolisée par des horreurs de ce genre. »

 

Même réaction du ministre de l’Intérieur, Marco Minniti : « Nous allons poursuivre notre surveillance et ferons tout pour traduire en justice les responsables de cet acte criminel. »

 

Acte terroriste dénoncé

 

L’actuel chef de file de CasaPound, Gianluca Iannone, n’a pas manqué l’occasion pour victimiser son mouvement. « Voici la troisième attaque portée depuis l’année passée contre le Bargello [nom de la librairie, NdR]. Cette agression est clairement motivée par des intentions politiques, comme l’ont souligné les enquêteurs, ce qui devrait nous faire réfléchir sur ce que sont la raison et la justice, la volonté de faire ouvertement de la politique ». (via La Repubblica)

 

Et de poursuivre, en évoquant « la bêtise et l’aveuglement de ceux qui ne sont plus en mesure d’exprimer des idées sans être obligé de recourir à l’agression, s’en prenant à des lieux avec des paquets contenant des bombes ».

 

“Certains Italiens s’enthousiasment encore pour le régime fasciste” 

 

Le responsable CasaPound de Florence, Saverio di Giulio, ajoute : « Nous sommes confrontés à une véritable attaque terroriste qui ne diffère en rien de la manière et de la mentalité de Daesh. Les terroristes qui ont posé une bombe ici avaient accepté l’idée qu’ils puissent frapper toute personne passant par ici. »

 

Roberto Calderoli, leader de la Lega Nord, autre mouvement d’extrême droite, a lui aussi saisi l’opportunité : « Ce n’est pas une plaisanterie. C’est du terrorisme. Et nous ne pouvons qu’être inquiétés. »

 

Une plainte contre X a été déposée par le ministère de la Défense. La librairie, située rue Leonardo da Vinci, n’a manifestement pas été trop sérieusement touchée. Le lieu avait déjà été frappé, de la même manière, en février 2016.