Attentats à Paris : "Nous sommes le livre. Et nous sommes debout."

Cécile Mazin - 17.11.2015

Edition - Société - industrie livre - édition liberté - victimes barbarie


Le pays est tout entier sous le choc, alors que la France est entrée dans une période de deuil national, pour trois jours. Toute l’industrie du livre, abasourdie d’avoir découvert la mort de deux jeunes éditrices, diffuse des messages de soutien aux victimes et aux familles. Et revendique dans son entier, éditeurs comme libraires, l’essentielle liberté d’expression, première réponse contre la barbarie.

 

 

 

Ce matin, la Fédération des éditeurs européens réagissait aux attaques survenues à Paris. Elle s’associait avant tout « à la peine des familles, des amis et des collègues des victimes des attentats de Paris, notamment des deux éditrices, Lola Salines (Gründ) et Ariane Theiller (Rustica) qui ont perdu la vie dans les ignobles attentats de vendredi à Paris ». 

 

La FEE revendiquait la liberté, symbole même de l’industrie du livre, et son devoir dans la publication de livres « qui font rire, qui font pleurer, qui font réfléchir, qui ouvrent l’esprit ». Et elle promet de ne pas oublier les victimes des attentats perpétrés la nuit du 13 novembre. Pour elles, « il faut continuer à écrire, à publier, à lire des livres libres ».

 

En France, le Syndicat national de l’édition affirme, avec tous les éditeurs, être « debout face à la barbarie ». Le SNE exprime « sa profonde tristesse, son soutien et sa solidarité à leurs familles et leurs collègues. Il s’associe également à la douleur de tous celles et ceux qui ont perdu des proches ».

 

Et d’ajouter : « Éditeurs, femmes et hommes de livres, de culture, imprégnés de liberté — liberté de penser, d’écrire, de dessiner, de publier — conscients de l’absolue nécessité de transmettre savoirs, connaissances et idées, et de défendre, coûte que coûte, les valeurs universelles des droits de l’homme, ici comme ailleurs, ne céderont pas face à la barbarie. »

 

La Fédération des libraires européens et internationaux a tenu à exprimer sa solidarité vis-à-vis de ses confrères, et de la population. Les coprésidents, Kyra Dreher et Fabian Paagman, assurent que leurs pensées « vont aux Parisiens et aux Français. Les libraires à travers le monde sont horrifiés par les événements survenus à Paris ».

 

« Nous nous sentons profondément attristés par la mort de deux éditrices, sauvagement tuées au Bataclan, et toutes les personnes qui travaillaient dans ce lieu, mortes au cours de la nuit. » 

 

« Les libraires sont des agents culturels, et contribuent, dans leur vie quotidienne, à la diffusion des idées et de la culture, qui est la meilleure réponse possible à l’obscurantisme et l’extrémisme, et veulent poursuivre cette mission avec fermeté et sérénité. »

 

Dénonçant la barbarie de ces attaques indicibles, « qui affectent nos valeurs démocratiques, de tolérance et de vie en communauté », l’EIBF rappelle l’importance du livre, comme « véhicule de la culture, laquelle forme les citoyens ». 

 

Le Centre national du livre avait été le premier organisme à réagir, dans un message diffusé ce 14 novembre. « Athées ou croyants, musulmans, juifs, chrétiens, laïcs, nous sommes la République, nous sommes la France. On ne nous fera pas taire. Nous ne cèderons pas devant la peur. Demain, meurtris, nous serons là, encore. Nous sommes le livre. Et nous sommes debout. » 

 

 

À cette heure, le bilan des attentats est de 130 morts, et la liste des victimes n'a pas encore été établie, les informations ne venant que progressivement.

 

Mise à jour 11h58, 17/11/2015 : L'Union internationale des éditeurs, par un communiqué, « affirme sa solidarité et son soutien » aux familles et aux collègues des victimes des attaques du 13 novembre 2015. « Le monde est choqué et attristé par les attaques atroces du 13 novembre à Paris, l'UIE pleure les victimes et adresse ses condoléances à leurs familles », précise le message. L'UIE rend un hommage particulier à Lola Salines, éditrice chez Gründ, et Ariane Theiller, qui travaillait pour Rustica (groupe Média Participations).

 

Pour joindre la préfecture de police et communiquer des éléments  d'information : 0800 40 60 05. Pour les appels à témoins : 01.77.72.06.14 ou 01.77.72.06.16 ou 01.77.72.06.17.