Attention à ne pas faire n'importe quoi avec les bibliothèques

Clément Solym - 12.06.2010

Edition - Bibliothèques - gerer - bibliothèque - communauté


Une fois encore, il est là, sa lance en main, monté sur son fier destrier, ou presque... pour défendre la bibliothèque, et la veuve, et l'orphelin... Andrew Motion, l'ancien poet laureat de Sa Majesté la reine vient de commenter l'ensemble des propositions faites au sujet de ces établissements.

Selon lui, considérer qu'elles ne sont pas très utilisées, et qu'elles devraient être gérées par des bénévoles pourrait avoir des conséquences potentiellement catastrophiques.

Et pour cause.

Le dernier rapport du KPMG, le cabinet d'audit mandaté, qui a planché sur différentes réformes du secteur public, indique que les bibliothèques prendraient en valeur si elles parvenaient à générer une communauté qui les prenne en charge. Des économies de personnel surqualifié, une gestion communautaire par ceux et celles qui en ont besoin, donc une responsabilisation... voilà qui serait idéal.

Mais en parallèle, Alan Downey, l'un des auteurs du rapport estime que si les établissements occupent dans la psychè de la nation, une grande importance... elle ne sont finalement que peu utilisées et deviennent particulièrement coûteuses. On ne suggère pas que toutes les boutiques devraient fermer, pas encore, non, simplement que leur administration par la communauté locale serait bien plus pertinente...

Ah, ah, ah, rigole jaune Andrew. Pour sûr que l'on fera des économies, et qu'il faut en faire, et que le secteur public va y passer, mais pour qu'une bibliothèque soit efficace, il faut un personnel qui le soit tout autant. Peut-être existe-t-il vraiment une place pour des volontaires, mais « ce sera une catastrophe », s'il n'y a pas de personnes réellement formées pour, rapporte le Guardian.

Alors, oui, peut-être que l'Angleterre reste très traditionaliste avec ses bibliothèques, et qu'elle y est assez attachée, mais « ce sont des pièces très importantes de cette machine qui apporte à l'homme ce dont il a besoin - des informations, du plaisir, des connaissances, des illuminations, une nouvelle orientation dans la vie ». Alors, perdre tout cela, oui, évidemment, et présenté de la sorte, en plus...

Appelant tous les acteurs de cette réflexion à avoir une conversation d'adultes, pour trouver comment différemment faire ces choses, Andrew estime surtout que le gouvernement aurait probablement mieux à faire en ne se perdant pas en suggestions des plus bizarres. Toute décision trop hasardeuse sur ces questions provoquerait des dommages difficiles à pallier.