Au Cameroun, l'édition à compte d'auteur pousse l'industrie

Clément Solym - 17.04.2009

Edition - Société - cameroun - edition - compte


Si en France les solutions permettant l'auto-édition se multiplient, au Cameroun, l'édition à compte d'auteur semble avoir de beaux jours devant elle. En juin 2008 paraît Le paradoxe du pays organisateur écrit par Charles Ateba Eyene, et casse les records de vente du pays.

Jean-Claude Awono, président de la Ronde des poètes et président de la collection de la Ronde, aux éditions Ifrikiya abonde dans ce sens : « Plein de maisons d'édition à Yaoundé publient à compte d'auteur. » Et pour Charles, déjà auteur d'une quinzaine de livres, le système est plus que viable.

En effet, « les maisons d'édition au Cameroun font de la débrouillardise : sans fonds, manquent de professionnels et de comité de relecture viable, prennent l'édition pour du business. En déposant son manuscrit chez un éditeur, vous l'aurez enterré », constate-t-il. Et d'ajouter que les ventes lui permettent même de vivre de sa plume. « Je n'ai jamais vendu un livre à moins de dix mille exemplaires. »

Les éditeurs camerounais ne sont donc pas frileux, mais plutôt démunis et l'édition à compte d'auteur a aussi permis de relancer le marché du livre dans le pays, tout en générant des revenus pour leurs auteurs. Les répartitions se font à 10 % pour l'auteur et l'éditeur ; imprimeurs et diffuseurs profitent plus largement des ventes.

Tout cela provient, selon Charles de ce que « la politique du livre n'existe pas au Cameroun ».