Au choix : soit les soins médicaux, soit la bibliothèque...

Clément Solym - 10.10.2011

Edition - Bibliothèques - bibliothèque - santé - Pullman


L'affrontement est relancé entre le romancier Philip Pullman et l'Oxfordshire County Council. Son directeur, Keith Mitchell, vient en effet de mettre en balance ce qui a tous les traits d'un fameux chantage, contre lequel Pullman vient d'entrer en guerre.

 

L'alternative est simple, explique le directeur du Council : soit on coupe le budget pour la bibliothèque, soit les soins destinés aux personnes âgées et handicapées seront réduits d'autant. Brillant : la santé, ou la culture ? Et quand on connaît les tarifs des soins en Angleterre, on grince méchamment des dents.

 

D'autant plus que les soins effectués auprès de ce personnes compensent le fait qu'ils n'aient pas accès à des organismes privés pour leur payer.

 

Philip Pullman

 

Évidemment, Pullman, fervent défenseur des bibliothèques dans le pays, s'est dressé. Il dénonce un inacceptable chantage, mais plus encore, une bien vilaine manière de procéder politiquement. Parce qu'une fois l'argument des soins passés, quel sera le prochain secteur social à être impacté ? La voirie, par exemple ?

 

Que nenni, rétorque le directeur, qui assure que l'essentiel des budgets comme celui pour les pompiers avait été sanctuarisé, que personne n'y toucherait... mais qu'il restait encore 119 millions £ d'économies à réaliser. Certes. Et ce, au cours des quatre prochaines années. Re-Certes.

 

Selon Pullman, la position et l'argumentaire de Keith sont « factuellement faux ». Il y a sûrement bien d'autres éléments à frapper de coupures budgétaires avant de s'attaquer aux bibliothèques, et surtout de les mettre en regard des frais de santé.

 

Mais il refuse cependant de s'engueuler (sic !) avec l'intéressé, parce que ce dernier n'en vaut pas la peine. Taxé de gauchiste par Keith, Pullman n'en démord cependant pas : « Ce qui se passe, c'est que le Council s'apprête à détruire quelque chose dont il ne connaît pas la valeur. »

 

Les questions politiques ne se régleront probablement pas... à coups de pub.