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Au Japon, l'époque des romans sur portable est irréversible

Clément Solym - 28.01.2009

Edition - Société - roman - téléphone - Japon


Cette femme de ménage ouvre la porte de sa maison à Hokkaido avec son téléphone portable naturellement, mais c'est aussi avec ce même téléphone qu'elle lit ses keitai shosetsu, les fameux romans pour mobile. Facile à lire, facile à écrire, ces livres sont devenus une institution, et elle a même obtenu le prix du roman Keitai (NdR : mobile) en octobre 2008...

Facile : tout le monde a un téléphone

L'industrie est lancée par la profusion des téléphones, et malgré les critiques des parents qui redoutent la détérioration de la grammaire (mais l'exemple viendrait de plus haut) ou les sujets violents et sexuels, leur omniprésence est incontestable. Selon les chiffres, 31 % des élèves de primaire en auraient un, presque 58 % des collégiens en possède un aussi. Et selon la firme Net Asia, 22,3 % seraient carrément dépendant de leur portable...

Téléphoner serait devenu désuet : aujourd'hui, on lit ces romans de 10.000 caractères, car depuis les années 90, et l'apparition des pagers, le taux de pénétration est allé croissant. Tout à la fois espace intime de communication, cette utilisation qui nous paraît encore bien étrange résulterait d'un degré d'alphabétisation relative aux médias et aux gadgets.

Télécharger, lire, jeter...

Pour expérimenter cette lecture, on les télécharge et on les découvre durant les longs trajets de transports : plus simples à transporter et toujours rédigés dans une langue simple. Depuis Deep Love, roman sorti en 2002 et racontant l'histoire d'une prostituée à Tokyo, l'engouement n'a pas cessé. Et devenu culte, ce livre s'est ensuite vendu à 2,7 millions d'exemplaires, avant d'engendrer une série télé, un film et un manga...


Et ce ne sont plus seulement les jeunes filles qui s'enflamment. Les dix romans keitai imprimés en 2007 se sont vendus chacun à plus de 400.000 exemplaires. Inversant complètement le processus d'édition classique, ils se font d'abord connaître jusqu'à l'adulation et ensuite sont imprimés. Les impressions sont montées en flèche en 2006 avec 22 publications, et 98 l'année suivante, avec des ventes entre 50 et 100.000 exemplaires.

Réticences et avenir

Seuls les adultes se montrent encore récalcitrants, pour les motifs cités ci-dessus, mais aussi pour leur propre consommation. Les lecteurs ont en moyenne entre 10 et 20 ans.

Mais comme pour toute industrie, la prolifération d'auteurs fait que la vente de millions d'exemplaires va se tarir, estiment certains éditeurs réguliers. Pas si sûr, explique un chercheur de l'université de Tokyo, qui a étudié le phénomène en profondeur. De fait, certaines sociétés chercheraient plutôt à donner plus d'impact encore à ce marché, qui ne ferait que commencer...



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