Au Kenya, deux femmes se battent pour sauver trois bibliothèques

Fasseur Barbara - 07.08.2018

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À Nairobi, capitale du Kenya, se dresse encore fièrement la bibliothèque McMillan. Le lourd bâtiment à colonnades a certes subi les assauts du temps depuis les années 1930, et peu d’habitants profitent encore des fonds de l’établissement, mais malgré sa vétusté, il reste un monument important de la ville. Et Angela Wachuka et Wanjiru Koinange, deux kenyanes, sont prêtes à tout pour faire bouger les choses.



McMillan Memorial Library
 
 

Ainsi, pour redonner un second souffle à la bibliothèque McMillan, deuxième plus ancienne bibliothèque du pays, une éditrice et une auteure se lancent dans la restauration de cette dernière ainsi que de deux autres établissements laissés à l’abandon depuis des années. C’est dans ce but qu’en 2017 elles ont créé l’association Book Bunk, afin de moderniser les monuments ainsi que leur fonds.

 

Dans un premier temps, elles souhaitent rénover les bibliothèques McMillan, Makadara et Kaloleni. Wanjiru Koinange, auteure, a grandi ici à Nairobi, et elle se confie à l’AFP : « Je refuse de vivre dans une ville où les enfants peuvent grandir sans jamais être entrés dans une bibliothèque. C’est le cas aujourd’hui à Nairobi. »

 

Elle ajoute : « Notre approche est la même pour les trois bibliothèques, mais elles seront destinées à des publics différents. » McMillan se destine à rester généraliste, Kaloleni à accueillir la littérature de jeunesse et Makadara consacrera son fonds à la littérature adolescente. D’après Angela Wachuka, éditrice, cette dernière séduit déjà 180 jeunes du quartier chaque jour.

 

Cette fréquentation témoigne, pour les deux femmes, de la nécessité des rénovations. La demande des habitants est forte, tant en termes d’accessibilité des ouvrages que de mise à disposition d’un lieu de calme, propice au travail. En témoigne Caren Mumba Musembi, étudiante de 20 ans : « Je suis venue pour étudier parce que c’est calme, il n’y a pas de bruit. »

 

La rénovation des lieux sera donc une priorité, mais ne suffira pas. À l’heure actuelle, ni les ouvrages ni les archives de journaux kenyans ne sont catalogués. De plus, McMillan contient principalement des titres du début du XXe siècle, datant d’avant l’indépendance du Kenya, en 1963. Pour l’éditrice, il est indispensable d’élargir l’offre de prêt aux auteurs africains et à la littérature contemporaine.


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Koinange ajoute : « Nous voulons garder l’histoire du lieu parce que c’est important, le bâtiment n’existerait pas sans McMillan, mais nous voulons aussi y ajouter de notre histoire. » En plus d’étoffer le fonds en termes de titres, les deux femmes espèrent proposer de nouveau supports, comme des contenus multimédias ou des podcasts.

 

L’initiative Book Bunk est soutenue par l’administration de Nairobi. Seulement, le financement du gouvernement local ne suffit pas à la rénovation des trois établissements poussant Angela Wachuka et Wanjiru Koinange à envisager le financement participatif. Cette campagne de levée de fonds devrait démarrer en septembre prochain afin d’atteindre les 850.000 € indispensables à la réalisation du projet.




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