Rentrée littéraire : La fashion week des libraires


La librairie Alinéa, dans la ville de Luxembourg, va bientôt mettre la clé sous la porte, laissant un commerce sans repreneur et des employés sans travail. La raison ? La suprématie des grands groupes et d’Internet qui monopolisent le marché et font baisser la clientèle, vitale, des libraires indépendants.

 

(page Facebook de la librairie)


 

Depuis 22 ans, Edmond Donnersbach était propriétaire de la librairie Alinéa, rue Beaumont, au Luxembourg. Cependant, la librairie a annoncé ce jeudi 11 mai, à la radio 100,7, la fermeture imminente – en août prochain – de son commerce.
 

Ce n’est pourtant pas la passion qui manque, dans le cœur du propriétaire, qui avoue au journal L’essentiel être toujours « libraire dans l’âme ». Les raisons sont avant tout économiques. Coût du loyer, baisse de la fréquentation des petits commerces, suprématie d’Internet, et notamment d’Amazon pour le monde du livre… autant de difficultés que les libraires indépendants n’arrivent pas toujours à surmonter, si bien que fleurissent régulièrement sur Internet des campagnes de financement participatif pour aider à sauver telle ou telle librairie en danger.
 

« J’ai commencé il y a 22 ans avec une certaine optique, explique le commerçant. Tout s’est bien déroulé, mais ces dernières années, le commerce en ville a beaucoup changé, la fréquentation est clairement moindre. Et d’autre part, vous avez une concurrence effrénée de tout ce qui est sur Internet, avec Amazon par exemple ».
 

La librairie Antipodes sauvée de la faillite par les internautes
 

L’argument principal des commerces indépendants, à savoir la proximité avec le client et la spécialisation des employés qui « ne sont pas que des vendeurs » selon Edmond Donnersbach, n’a pas suffi à changer la donne, et quatre des cinq employés de la librairie, déjà en préavis, seront vraisemblablement au chômage.

Edmond, lui, a prévu de prendre du temps pour se consacrer à ses autres passions : le jardinage, la collection de quotidiens et les Legos. Quant au commerce, il n’a pour l’instant trouvé aucun repreneur.  
 

Qui plus est, le premier magasin Fnac du Luxembourg ouvrira ses portes dans le centre commercial du Royal-Hamilius, à quelques minutes de la rue Beaumont, sur un espace de 2300 m2.

Ce sera une concurrence de plus pour les deux dernières librairies indépendantes restantes dans le quartier de la Ville-Haute du Luxembourg, à savoir la librairie française, rue Beck, et la librairie Ernster, rue du Fossé. « Nous sommes dans un contexte où l’indépendant existe de moins en moins », se désole Edmond Donnersbach.