Au Maroc, la poésie domine toujours la production littéraire de livres

Antoine Oury - 14.02.2020

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À l'occasion du Salon international de l’édition et du livre de Casablanca, qui se déroule jusqu'au 16 février, la Fondation du roi Abdul-Aziz Al Saoud pour les Études islamiques et les Sciences humaines publie un rapport sur l'édition marocaine dans son ensemble. Si la production éditoriale marocaine connait une nouvelle hausse, comme sur les cinq dernières années, elle fait néanmoins face à un léger ralentissement.

Librairie Les Colonnes
La Librairie Les Colonnes, à Tanger (photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Tirée par l’édition arabophone (3312 titres imprimés et numériques, 78,5 % de l'ensemble), l'édition marocaine fait état d'une production en hausse de 1,75 %, pour atteindre 4219 documents, livres et revues, éditions imprimée et numérique confondues. La période 2017/2018 enregistrait 4154 documents publiés, ce qui laisse entrevoir une nouvelle hausse malgré un ralentissement de la croissance.

L'édition numérique (745 livres et 112 numéros de revues publiés sous cette forme en 2018/2019) gagne aussi en importance, avec une présence plus manifeste de la langue arabe (439 titres), suivie du français (255 titres) et de l’anglais (50 titres) pour les livres. Certains sujets sont aussi plus prisés, comme l’économie (230 titres), les études religieuses (130 titres) ou la politique (100 titres).

Le secteur de l'édition marocaine reste dominé par la langue arabe, avec un taux de publication qui dépasse 78 % de la production. Les publications en langue française connaissent une légère progression (18,35 % de la production), mais « cela est loin de renverser la tendance lourde qui est marquée par le recul du français, eu égard à la place qui fut la sienne dans le champ éditorial marocain durant les trois décennies qui ont suivi l’indépendance (1960–1980) », note le rapport.

« Les facteurs majeurs qui y participent sont aujourd’hui connus : d’une part, la généralisation de l’instruction publique, et d’autre part l’accroissement du nombre d’étudiants accueillis par les universités dans les branches littéraires et celles des sciences humaines et sociales qui sont enseignées en langue arabe depuis le milieu des années 1970 », indique encore le document.
 

La poésie, premier secteur de l'édition marocaine


Au sein de la production littéraire, il est intéressant de relever que la poésie occupe toujours la première place, avec 264 titres, soit 35 % de la production, suivie par la narration (le roman et la nouvelle) avec 254 titres (34 %).
 
87 titres (soit 11,5 %) des textes littéraires publiés au Maroc pendant l'année 2018/2019 sont des traductions. Au total, 298 titres sont issus de traductions, tous formats confondus. « Orientée essentiellement vers l’arabe comme langue cible (251 titres), l’activité de la traduction marocaine s’appuie sur plusieurs langues sources, à leur tête le français avec 136 titres (45,6 %), suivi de l’anglais (65 titres, soit 21,80 %) et l’arabe (26 titres, soit 8,70 %) », précise le rapport. Dans le domaine des traductions, la littérature se taille la part du lion, avec 87 titres, tous imprimés.

Le rapport sur l'édition au Maroc propose aussi une place aux auteurs, relevant que 76,95 % d'entre eux sont de nationalité marocaine, contre 3,57 % d'auteurs français et 3,46 % d'auteurs tunisiens. Dans 83 % des cas, les auteurs sont des hommes, « malgré l'accès progressif des jeunes filles marocaines à l’enseignement supérieur ».
 

Des éditeurs encore fragiles


Environ un quart des publications marocaines sont portés par une édition à compte d'auteur, ce qui laisse imaginer la fragilité du marché en général : « Des 158 éditeurs professionnels privés qui ont contribué à la production de l’année 2018/2019, seulement 19 éditeurs ont pu publier 20 titres et plus, dont 12 sont situés sur l’axe Rabat/Casablanca », prend soin de préciser le rapport.

Face à cette édition privée modeste, 296 éditeurs institutionnels ont publié en moyenne 5,7 livres par éditeur, pour parvenir à une production qui représente 57,45 % de la production totale.

Le rapport note également que le prix moyen du livre marocain publié en 2018/2019 est de 72,74 dirhams marocains, soit une augmentation de l’ordre de 3,38 % par rapport à la moyenne du prix du livre au cours de l’année précédente. 

Le rapport complet est disponible ci-dessous ou à cette adresse.




Commentaires
Si la poésie venait à être condamnée à mort, elle pourrait donc se réfugier au Maroc.

Très bonne nouvelle.
Le Maroc sera à l'honneur à la Foire du Livre de Bruxelles du 5 au 8 mars !

CHRISTIAN NAUWELAERS
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