“Au niveau régional comme national, les éditeurs bretons sont sous-représentés”

Antoine Oury - 18.06.2018

Edition - Les maisons - éditeurs Bretagne - association éditeurs Bretagne - éditeurs bretons


L'heure est au collectif du côté de la Bretagne et de ses éditeurs. Jean-Marie Goater, dirigeant des éditions Goater, a publié un questionnaire en ligne pour esquisser les contours d'un collectif ou d'une association des éditeurs de Bretagne. Une telle structure aurait pour objectifs d'améliorer la représentation des maisons d'édition des 5 départements aussi bien en région qu'en France, sans oublier l'international.


Bretagne
(Mark Skipper, CC BY 2.0)
 


La première étape d'un vaste projet : un questionnaire en ligne a été ouvert par les éditions Goater pour « recueillir et analyser les revendications, besoins, idées, réalités, des éditeurs de Bretagne (5 départements) afin de préfigurer la re-création d'une association ou d'un collectif rassemblant les éditeurs qui le souhaitent ». « À notre connaissance la seule association territoriale qui est en activité est La Rennaise d'édition qui regroupe huit petits éditeurs de la région rennaise », précise Jean-Marie Goater, qui évoque également une association régionale qui « ne s'est pas réunie depuis plus de 10 ans ».

 

« Nous avons obtenu une trentaine de réponses pour le moment », nous explique Jean-Marie Goater, qui présente ce projet d'association professionnelle comme une initiative collective et au long cours. « Nous sommes suffisamment d'éditeurs en Bretagne pour nous rassembler dans une association, dont l'enjeu sera de dépasser le consumérisme des associations d'éditeurs : ici, chacun donnera de son temps et de son énergie pour recevoir en retour », explique l'éditeur.

 

L'un des principaux rôles de l'association sera de représenter les éditeurs de Bretagne : « Au niveau régional comme national, les éditeurs bretons sont sous-représentés. Au niveau national, la Bretagne ne dispose plus de stand au salon Livre Paris depuis plusieurs années, ce qui est significatif, même si c'est un peu la responsabilité de Livre Paris et du Syndicat national de l'édition, qui fixent des tarifs prohibitifs. »

 

Les moyens des petites maisons d'édition étant ce qu'ils sont, la communication et la visibilité manquent souvent à leurs catalogues. « Certaines régions ont fait le choix de montrer la qualité de la production de leurs éditeurs, j'espère que nous arriverons à motiver la région Bretagne à le refaire », souligne Jean-Marie Goater. « Surtout que les éditeurs bretons sont très reliés à une image régionaliste et patrimoniale. C'est intéressant, mais il y a d'autres centres d'intérêt, comme la bande dessinée, le polar ou autres... »

 

La problématique de la représentation des petites maisons d'édition se retrouve même au niveau régional : « Le plus important salon breton, c'est Étonnants Voyageurs, dont le rayonnement est national et international. Mais l'accès pour un petit éditeur est quasiment impossible, c'est extrêmement coûteux, du niveau de Livre Paris. Qui plus est, les ventes passent par un libraire, ce qui est bien en soi, mais ajoute un prélèvement qui réduit encore la possibilité de rentrer dans nos frais. »

 

L'association des éditeurs de Bretagne pourrait, pour pallier la situation, superviser l'achat d'un stand collectif dans ce type d'événement ou à l'international, à la manière des éditeurs corses présents dans les manifestations organisées à Bruxelles et Montréal. « Cela pourrait même donner plus de poids pour accéder au Bureau international de l'édition française et aux ventes de droits, qui sont inaccessibles aux petits éditeurs. » Enfin, les préoccupations des éditeurs seraient aussi celles de l'association, comme le prix des envois de livres par La Poste, par exemple.

 


Livre et lecture, l'établissement public de coopération culturelle de la région, soutient la démarche de Jean-Marie Goater, explique ce dernier, et l'association d'éditeurs travaillera avec la structure. « L'association sera ouverte à tous les éditeurs de la région, y compris les plus importants, comme les éditions Ouest-France ou les Presses universitaires de Rennes. Il y a aussi un vrai besoin de pouvoir montrer une édition qui travaille d'une autre manière : ça ne veut pas dire que nos livres sont meilleurs, mais que nous sommes immergés dans un territoire qui rassemble un certain nombre d'acteurs du livre, des auteurs aux libraires en passant par les imprimeurs. Nous allons être plus sensibles à leurs réalités », souligne Jean-Marie Goater.
 




Commentaires
Comprends pas [removed]void(0); Il y avait pourtant bien un stand de la Bretagne à Livre Paris 2018 ! Le vrai problème des éditeurs bretons, c'est que l'immense majorité pense régionaliste et publie régionaliste, y compris des BD régionalistes et des polars régionalistes… Ce n'est pas une énième association qui va changer la donne, surtout avec des bases de départ floues comme "recueillir et analyser les revendications" (pour en faire quoi ? demander plus de subventions ?). Faudrait plutôt arrêter de penser Bretagne et s'ouvrir au monde extérieur (si, si, il existe !), mais ça demande plus d'effort que s'associer pour revendiquer.
Le stand "Bretagne" au salon est une initiative privée et réservée de 4 éditeurs.

Quant au reste de vos propos, il est caricatural et malhonnête.
Caricatural et malhonnête ? Il suffit pourtant de consulter les catalogues en ligne desdits éditeurs pour avoir confirmation de mes propos…
Quelle mission intéressante : défendre les éditeurs de notre région dans les "salons du livre" ! Faire le lien entre eux, trouver des idées de mise en lumière des éditions bretonnes ...
LeBaron le dit certes un peu sèchement (et faussement pour ce qui est de "l'ouverture au monde", car s'il y a bien une région qui est tournée vers le monde, c'est la Bretagne : n'oublions pas que "Finistère", qui en français est donc "la fin des terres" est en breton "le début du monde", "Penn ar bed" : sans faire de psycho-linguistique, ça en dit long. Et n'oublions pas non plus le renouveau musical traditionnel des années 70, extraordinairement ouvert sur le monde quand d'autres régions restaietn très "teroir-terroir"). ) mais il n'a pas tort pour ce qui set de l'édition. même si on peut en dire autant des Normands ou des Basques (voyez leurs catalogues). Et si des auteurs qui ont fait leurs premières armes chez un éditeur régional sont à présent reconnus "nationalement", c'est parce qu'ils ont d'abord écrit "régional" (comme le Normand Michel Bussi avec son Code Lupin)

On a envie de dire : regarder "Actes Sud" : une maison "régionale" qui a su largement dépasser le "réginal".

Maintenant, c'est vrai que cette opposition "national-régional" est purement françase : aux USA ou en Australie, les polars de Terry Hilderma en "région" navajo ou ceux d'Upfield chez les Bushmen ne sont pas parqués géographiquement, ce sont "des romans policiers".

Si ce segment "polar régional" existe en France, je voudrais bien qu'on me définisse alors un "polar national" ! Il se passerait où ?

La solution pour nos éditeurs ne me semble pas tant de focaliser sur "l'ouverture géographique" mais sur la qualité d'écriture. Les redoutables "Meurtre à..." (une ville bretonne, et prions pour qu'elles soient vite toutes "titrées" car on frise l'overdose) nous font côtoyer le pire et rarement le meilleur ! Et ça tient au fait que trop d'imprimeurs s'auto-proclament "éditeurs", en oubliant que cette fonction implique tout de même de pouvoir porter un regard compétent sur l'écriture, le style...

Auparavant on ne faisait pas ce distinguo "national régional" : aucun des 15 Maigret qui se passent à La Rochelle n'a été qualifié de polar régional, ni aucun des Exbrayat qui se passent à Lyon (et on pourrait citer pas mal d'autres auteurs, étrangers ou français, dont les romans se passent dans une région précise de France). Aujourd'hui, du fait de la médiocre qualité littéraire de beaucoup de nos "polars", les écrits "régionaux" de ces auteurs auraient-il la notoriété qu'ils ont ? Pas sur ! Ils seraient regardé avec un peu de condescendante par las critiques et les libraires.

Il me semble donc que le paramètre sur lequel il faut travailler, c'est la qualité d'écriture plus que "la géographie".

Désolée pour les éventuelles redites ou fautes d'inattention, je dois filer ! Pas le temps de relire !!!
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