Au Québec, l'ANEL aborde la rentabilité du livre numérique à pas de loup

Clément Solym - 28.09.2011

Edition - Société - canada - quebec - edition


Les ventes numériques augmentent, mais sont moins rentables que celles papier. Le mouvement est inéluctable et il y a un potentiel, mais lequel ? L'ANEL et l'UNEQ s'interrogent.

 

Pour Aline Côté, présidente du comité du droit d'auteur de l'Association Nationale des Éditeurs de Livres, « les éditeurs québécois sont à l’avant-garde dans le domaine. Les ventes vont continuer à augmenter en flèche, mais ça m’étonnerait qu’elles finissent par compenser les pertes des livres physiques. »
 


Moins Cassandre dans la formulation, elle rejoint sur ce point l'avis de l'Association of American Publishers (notre actualitté), et a les mêmes statistiques en main que l'Institut de la Statistique du Québec (notre actualitté).

 

Ancien directeur général de l'Union des Écrivains Québécois, Pierre Lavoie, remplacé en janvier 2011 par Francis Farley-Chevrier, nuance le propos d'Aline Côté : «  C’est un modèle qui est en train d’évoluer. Il est difficile de dire si ce sera payant, mais il y a un potentiel  ».

 

Un contenu de moins en moins rentable

 

Il faut préciser que le modèle est d'ores et déjà payant pour ceux qui revendent le contenant et le contenu, comme Barnes & Nobles et Amazon. Mais beaucoup d'éditeurs se concentrent pour l'instant sur la production du contenu, qui devient moins rentable qu'avant, et ne pourraient simplement pas sortir leur propre lecteur ou tablette.

 

Il reste qu'ils peuvent toujours mettre en ligne leurs applications personnalisées, leur propre magasin, et multiplier les partenariats, en plus de revendre par Amazon, comme le conseille Javier Celaya (notre actualitté).

 

Cela n'empêche pas certains auteurs d'être confiants en publiant dans les prochaines semaines tous leurs livres en numérique. Pascal Senécal lance : « Il ne faut pas ignorer le phénomène du livre numérique, on ne peut pas se battre contre lui. » De plus, « il y aura toujours du monde qui voudra avoir de beaux livres dans une belle bibliothèque ».

 

L'ANEL a inauguré en 2009 un serveur de stockage sécurisé, dit un entrepôt numérique, qui permet de déposer et conserver pour l'instant quelques 6 000 ouvrages. Plusieurs distributeurs s'y approvisionnent tandis qu'une centaine d'éditeurs y déposent des œuvres. Une échelle encore petite, mais ce n'est qu'un début.

(Via 24H Montréal de Canoë)