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Au Québec, le PDG de BAnQ imposé par le gouvernement

Laure Besnier - 23.05.2018

Edition - Bibliothèques - Québec BAnQ - Gouvernement Québec - Ministre Culture Québec


Après un an de vacance, le poste de PDG de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) est occupé par Jean-Louis Roy, historien, diplomate et anciennement directeur du quotidien québécois Le Devoir. Seulement voilà, sa nomination aurait été imposée par le gouvernement au détriment du conseil d’administration de la société d’État. 

 

Grande bibliothèque du Québec (Montrealais, CC BY-SA 3.0)



C’est « une situation de gouvernance qui pose un défi, alors que ni le CA ni le candidat ne se sont choisis » décrit Martin Carrier, président du conseil d’administration de BAnQ, au quotidien Le Devoir qui a révélé l’affaire.  

 

En effet, Martin Carrier indique avoir appris la nomination de Jean-Louis Roy le 16 mai, soit le jour même où elle a eu lieu. Habituellement, la désignation du PDG de BAnQ est « faite sur la recommandation du conseil d’administration » auprès du gouvernement, selon l’article 4.2. de la loi sur BAnQ

 

Toutefois, la suite de l’article précise que si le conseil d’administration « ne recommande pas la nomination d’une personne au poste de président-directeur général dans un délai raisonnable, le gouvernement peut nommer celui-ci après en avoir avisé les membres du conseil. » 

 

C’est en rappelant ce passage que la ministre de la Culture et des Communications, Marie Montpetit en a profité pour proposer la nomination de Jean-Louis Roy, néanmoins « en ne consultant pas le CA » précise Martin Carrier. 

 

Pourtant, le conseil d’administration de la BAnQ avait proposé plusieurs candidatures au gouvernement, dès septembre 2017 – le poste étant libre depuis avril 2017. Le nom de Manon Gauthier, ancienne responsable de la Culture au comité exécutif de la Ville de Montréal avait été évoqué, avant d’être écarté. 

 

Puis, la société Raymond Chabot Ressources Humaines avait été chargée de collaborer sur le recrutement (un contrat de 30 000 $ pour mener le dossier selon Le Devoir). 

 

« On a eu un bon dialogue avec le ministère pour s’assurer qu’on n’allait pas avoir une situation comme celle de l’automne, et pour s’assurer qu’on était sur la même longueur d’onde. Mais force est de constater qu’on n’est pas arrivés à s’entendre sur le profil qu’on recherchait, et ce, à travers certaines candidatures que nous avons soumises et qui n’ont pas été retenues » s’attriste Martin Carrier. 
 

Jean-Louis Roy nommé à la tête de la BAnQ

 

De son côté, la ministre de la Culture québécoise refuse de commenter, spécifiant tout de même : « Nous sommes très heureux de [la] nomination [de Jean-Louis Roy], qui a été saluée avec enthousiasme par le milieu tant pour ses qualités de gestionnaire que pour sa vaste expérience, sa notoriété et sa vision ».

Martin Carrier est moins enthousiaste. Il espère que le PDG pourra incarner les grands projets de la BAnQ comme le « tournant vers le numérique » ou encore le chantier de la bibliothèque de Saint-Sulpice. 
 

 

Enfin, Jean-Louis Roy a indiqué au Devoir qu’il ignorait les mécanismes de nomination du PDG à la BAnQ et dit ne « rien à voir dans ça ». Selon les informations du quotidien québécois, son nom a été proposé directement au gouvernement par une personne tierce, au fait du milieu culturel et politique, évitant à Jean-Louis Roy des entretiens avec le conseil d’administration de BAnQ. 

 

Politique culturelle et élections générales
 

Du côté du Québec, on nous souligne que « ce type de méthode est pour le moins inhabituel et autoritaire, de la part du gouvernement ». Un comportement qui s’expliquerait « du fait que la ministre ne s’est pas forcément entourée de personnes compétentes ». 

 

D’autant plus que les élections générales provinciales approchent – ce 1er octobre – et que, dans le même temps, la politique culturelle doit être présentée ce 3 juin. « Le milieu culturel aura quelques difficultés à réagir en bloc : on va parler d’argent, et chacun cherchera à protéger ses gains ».

 

Une politique culturelle annoncée depuis l’automne 2017, et qui, de toute manière, aura « une sacrée saveur de bonbon électoral ».




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