Au Royaume-Uni, Amazon est un poison pour les librairies

Fasseur Barbara - 07.08.2018

Edition - Librairies - Amazon UK Impôt foncier - Librairies Taxes Concurrence - Entrepôts Amazon UK Bilan


Pour cette première moitié de l’année 2018, le bilan est au beau fixe pour Amazon UK qui voit encore son chiffre d’affaires progresser. Et ce n'est pas tout, puisqu'à l'inverse, les taxes foncières acquittées par le groupe auraient, elles, baissé. L’entreprise, qui a réalisé 9 milliards de £ de vente l’an dernier, ne payerait que 38 millions de £ d’impôt pour la section Services du géant de la vente en ligne, soit une réduction de moitié de son impôt foncier.


Phantom Danboard
aipommn, CC, BY ND 2.0


Entrepôts immenses, bureaux ou simples casiers, les propriétés d’Amazon ne cessent de se multiplier pour atteindre les 189 sites au Royaume-Uni, sans pour autant que les taxes qui lui sont imposées n'augmentent. Alors que le chiffre d’affaires de la firme a augmenté de 36 % en 2017, l’impôt foncier pour ses locaux en Angleterre et au Pays de Galles a lui été divisé par deux par rapport à 2016.
 
Ces révélations surviennent alors même qu’Amazon est accusé de tuer à petit feu les commerces environnants. Cette réduction d’impôts creuse un peu plus le fossé entre l’entreprise phare d’Internet et les commerçants locaux, qui eux subissent une augmentation des taxes. Amazon avait déjà bénéficié d’une réduction d’impôt l’année précédente.

Le montant des impôts fonciers est calculé selon la valeur imposable des propriétés, Amazon, ne possédant que des entrepôts hors  ville, n’est pas touché par ces augmentations, donnant un ascendant non négligeable à l’entreprise de Jeff Bezos. Amazon réfute les calculs et résultats dévoilés par l’enquête du Daily Mail, sans pour autant fournir de résultats alternatifs.

Un porte-parole de la multinationale annonce : « Nous payons toutes les taxes requises au Royaume-Uni et dans tous les pays où nous opérons. L’impôt sur les sociétés est basé sur les bénéfices et non sur les revenus, et nos bénéfices sont restés faibles, la vente au détail étant une activité hautement compétitive et à faible marge et notre investissement continu. »

Au début de l’année, le chancelier Philip Hammond a reconnu que le gouvernement devait trouver une « meilleure solution » pour taxer les géants de l’Internet. Robert Hayton, responsable des impôts fonciers des entreprises au Royaume-Uni, a déclaré : « Le gouvernement devrait utiliser cette crise pour affirmer son engagement à créer une approche cohérente pour taxer l’économie numérique ». Il est revenu sur la possibilité d’une taxe sur les ventes en ligne.


Meryl Halls, de la Bookseller Association, se désole : « Le système fiscal actuel est obsolète et ne convient plus, pesant lourdement sur les librairies physiques, qui se heurtent à des charges toujours plus lourdes dans la gestion de leurs entreprises, » rapporte le Bookseller.

 

Elle ajoute : « Nous voulons voir une situation où les libraires britanniques ne sont plus obligés de rivaliser avec Amazon les mains liées dans le dos, ainsi que l’instauration de conditions équitables, et que le gouvernement reconnaisse enfin les libraires britanniques comme les héros de la rue qu’ils sont, mais aussi, et surtout, de mettre en avant la réforme promise de la fiscalité de l’économie numérique afin que les libraires britanniques aient une chance de rivaliser. »




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