Au Royaume-Uni, l'absence de moyens pèse sur l'activité des bibliothèques

Heulard Mégane - 10.07.2019

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Selon une récente étude commandée par Tim Coates, ancien PDG de la chaine de librairies Waterstones, le Royaume-Uni voit son taux d’emprunts de livres en bibliothèque chuter. Il se retrouve loin derrière les États-Unis et l’Australie, qui eux, conservent des chiffres relativement stables. D’après Coates, cette situation serait principalement due à la réduction du nombre de titres proposés dans les établissements. 

(StockSnap, Pixabay) 


L’étude a interrogé 300 résidents du Royaume-Uni sur leurs habitudes de lecture. Les résultats ont montré que près de 87 % des personnes lisent des livres, mais seulement 8 % empruntent en bibliothèque. Depuis 2010, les prêts de livres sont tombés de 5,7 emprunts par personne à 2,8. Pour se faire une idée plus générale de la portée de cette baisse, il faut remonter aux années 1996 et 1997, où le chiffre était de 8,6 prêts par personne.

En revanche, aux États-Unis, les prêts de livres s’élevaient à 7,4 par personne en 2006-2007, ont culminé à 8,3 en 2009-10 pour enfin descendre à 7,1 entre 2016-2017. L’étude démontre également que les prêts en Australie ont chuté au cours de la même période, passant de 8,2 à 6,6 par personne en 2016-2017.

Malgré une baisse générale, le Royaume-Uni reste loin derrière avec ses 2,8 emprunts par personne. Des résultats qui interviennent quelques mois après l’annonce d’une baisse de 20 % des dépenses consacrées aux livres des bibliothèques publiques en Angleterre.

Une baisse des ouvrages disponibles en bibliothèque

Selon Tim Coates, cette baisse d’emprunt est due est à une réduction progressive du stock de livres dans les bibliothèques, qui d’après lui est passé de 90 millions à moins de 60 millions. Il estime même que le Royaume-Uni s’éloigne de l’objectif premier d’une bibliothèque, proposer des ouvrages de qualité.  
 
Il déclare ainsi à The Bookseller : « Ce sont les effets de ce message constant qui veut que le secteur des bibliothèques ne concerne plus vraiment les livres. Cela fait si longtemps que les directeurs d’école, les conseillers municipaux et les personnes qui les financent viennent à se dire : “D’accord, les enfants ne lisent pas, ils regardent la télévision et vont sur internet.”. »

Et de souligner : « Ils l’ont fait [réduire le stock] parce qu’ils croyaient, et continuent de croire, que les bibliothèques sont plus que [qu’un lieu où il y a] des livres et qu’elles devraient concentrer des ressources substantielles à toutes sortes d’autres activités et finalités. En Australie et aux États-Unis, bien qu’il y ait eu un désir similaire d’élargir la portée du service de bibliothèque, ils n’ont pas réduit du tout les collections de livres. »

Des moyens financiers limités 

Cependant, Nick Poole, PDG du CILIP, l’association britannique des bibliothèques et de l’information, n’est pas cet avis. Il a déclaré en juin dernier à Bookseller que pour lui, la baisse des emprunts en bibliothèques était due non pas à la diminution des stocks de livres, mais à des coupes budgétaires. Ce qui pourrait toutefois croiser l'hypothèse d'un moins grand nombre de références disponibles...

Il indique : « Nous avons besoin d’espaces lumineux et attrayants, d’un personnel professionnel, d’un stock de livres de bonne qualité, de bonnes technologies de l’information et d’un programme diversifié d’activités pour aider à garder les utilisateurs intéressés. Il ne fait aucun doute que de meilleurs livres dans les bibliothèques sont synonymes d’une plus grande utilisation. »

« Le problème, c’est qu’après 10 ans d’austérité dans le secteur public et de compressions dans les administrations locales, nous gérons le service avec un minimum de moyens — ce qui signifie que nous ne pouvons pas fournir les grandes bibliothèques et les stocks de haute qualité que les gens veulent partout au Royaume-Uni » poursuit-il. Les deux analyses ne seraient finalement pas si éloignées : moins de budget signifie aussi plus de choix, et moins de livres en dernier lieu.
 

Un communiqué du CILIP corrobore les propos de Poole : « Le CILIP reconnaît qu’il existe un lien clair entre la qualité et la pertinence du fonds et la fréquentation des bibliothèques. Cependant, les utilisateurs modernes s’attendent également à pouvoir accéder à un large éventail de ressources numériques et d’activités dans leur bibliothèque locale. Les responsables de la bibliothèque ont donc décidé de la façon d’équilibrer un budget très limité pour répondre à ces besoins. C’est pourquoi nous devons plaider pour un investissement judicieux dans ces institutions locales vitales. »


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