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Aubagne, Cuges-Les-Pins... “Une bibliothèque a besoin d'un budget pérenne”

Antoine Oury - 26.09.2018

Edition - Bibliothèques - bibliotheque Aubagne - bibliotheque Cuges-Les-Pins - bibliotheque budget


Ces dernières semaines, trois établissements de lecture publique ont été mis en lumière par des situations conflictuelles entre usagers et administration, et parfois personnel, autour de questions relatives aux effectifs, au budget ou au statut de la bibliothèque ou de la médiathèque. Xavier Galaup, président de l’Association des Bibliothécaires de France, revient pour ActuaLitté sur ces cas.


De génération en génération, Bruce Krebs, La Rochelle

De génération en génération, Bruce Krebs, La Rochelle

(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

Les établissements de Marquette-les-Lille, Aubagne et Cuges-Les-Pins font tous trois l'objet d'inquiétudes, exprimées à la fois par les usagers, les citoyens et, parfois, le personnel lui-même. Pour Xavier Galaup, président de l'Association des Bibliothécaires de France (ABF), ces cas illustrent une certaine « fragilisation » des bibliothèques identifiées depuis quelques années déjà, en période de réduction des dépenses publiques.

 

Les deux cas les plus récents, à Aubagne et Cuges-Les-Pins, portent en eux des « inquiétudes que j’avais exprimées lors de mon discours d’inauguration du congrès ABF à La Rochelle cette année », souligne Xavier Galaup, « de plus en plus de bibliothèques sont fragilisées dans leur fonctionnement que ce soit par des baisses de budget d’acquisitions ou d’actions culturelles notamment ou par les réductions de personnels ne permettant plus d’assurer les tâches qui leurs incombent sans parler d’ouvrir plus ou de proposer de nouveaux services ».

 

« Après Belfort, Saint-Étienne ou Marquette-lez-Lille (Haut-de-France), ces nouveaux cas rendus publics sont très préoccupants, car ils ne sont que l’écume des difficultés rencontrées par beaucoup de collègues », indique le président de l'ABF, qui a répondu à nos questions ci-dessous par mail.

 

ActuaLitté : Que recommande l'ABF à la collectivité et à l'équipe de la médiathèque pour faciliter leur dialogue ? 

 

Xavier Galaup : Il est difficile de faire des recommandations trop détaillées tant les cas de figure sont différents. Souvent dans un dialogue ou une absence de dialogue, chacune des parties peut avoir sa part de responsabilité dans les incompréhensions qui existent. 

 

Je dirais qu’il revient à chacun de jouer son rôle et de respecter le rôle de l’autre partie. Aux professionnels d’informer correctement et loyalement leurs décideurs (élus et directions), de faire de la pédagogie sur les enjeux et le quotidien, puis de faire des propositions techniques qui tiennent compte des orientations politiques et des contraintes financières de la collectivité. Aux élus ou aux décideurs de fixer et d’exposer clairement leurs orientations ou leurs attentes vis-à-vis de la Lecture Publique, d’être à l’écoute de l’état de lieux et/ou des propositions des techniciens puis de décider en expliquant et donnant du sens à la fois pour les équipes, mais aussi pour les habitants du territoire concernés. 

 

Ce qui nous constatons c’est que certains nouveaux élus connaissent mal les bibliothèques et ne prennent pas assez la mesure du potentiel et de l’impact de ces équipements pour l’ensemble des politiques publiques qu’ils ont à mener. Plus de 40 % d’une population qui fréquente un équipement public ce n’est pas rien ! Ceci étant, de nombreux collègues ont parfois du mal à faire œuvre de pédagogie ou n'ont pas été formés pour ce dialogue compliqué entre élus et techniciens... même si dans quelques cas le dialogue est impossible. 

 

L'avenir de ces médiathèques semble-t-il viable à l'ABF, compte tenu des éléments présentés ? 

 

Xavier Galaup : À ce stade nous attendons un retour plus précis du groupe régional pour avoir une position sur ces cas particuliers. Ceci étant, il est clair qu’une bibliothèque a besoin d’un budget pérenne pour l’acquisition de documents. S’il est réduit de manière trop importante, c’est l’asphyxie à moyen terme : moins la bibliothèque propose de nouveautés moins elle est attractive pour les usagers et plus ces derniers s’en détournent justifiant des nouvelles baisses de budget... certains lecteurs, les plus jeunes et les plus défavorisés, n’ont pas d’autres accès aux livres. 

 


Contrairement à ce que dit le maire de Belfort, il ne suffit pas d’avoir beaucoup de livres pour que la bibliothèque reste intéressante et utile, il faut impérativement un renouvellement de l’offre. Le public cherche des documents récents et présentant les dernières avancées scientifiques. Concernant Cuges-les-Pains, si le turn-over de personnel et les difficultés budgétaires sont tels que vous le décrivez, la pérennité de la bibliothèque semble compromise. La municipalité a le devoir de maintenir le bon fonctionnement de tout service public dont elle a la charge.

Sans budget pour renouveler les collections ou programmer des animations, et sans personnel qualifié en nombre suffisant, il va être de plus en plus difficile d'ouvrir la bibliothèque et de proposer un service de Lecture Publique digne de ce nom.




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