Aubervilliers contraint de fermer, la Fnac périphérie reste optimiste

Clément Solym - 31.08.2012

Edition - Librairies - Fnac - Aubervilliers - bompard


Information ActuaLitté : Mercredi dernier, le distributeur des produits culturels Fnac, filiale du groupe PPR, annonçait la fermeture prochaine de Fnac Aubervilliers, ouverte 17 mois auparavant (voir notre actualitté). « Contraint » de se retirer du Millénaire, l'affaire semble bien plus importuner le nouveau centre commercial qui tente de se développer que la Fnac et ses collaborateurs, d'après Gaëlle Toussaint, directrice des relations presse Fnac.

 

 

 

 

Des objectifs non atteints

 

« Nous sommes contraints de fermer ce magasin relativement à des conditions économiques insuffisantes », déclare Fnac, interrogé par ActuaLitté. « La fréquentation du centre est en dessous du chiffre annoncé initialement. » Même si le centre commercial du Millénaire, en périphérie de Paris, affirme hier dans un communiqué que la fréquentation est en « croissance régulière », avec « un rythme annuel de 6 millions de visiteurs », pour la Fnac, il n'a clairement pas atteint ses objectifs.

 

« On sait qu'il y a la ligne 12 et le tramway qui doivent passer bientôt près du centre, mais ce n'est pas encore réalisé. Il y avait de nouveaux projets prévus, dont un cinéma, mais aucun n'a abouti », souligne le revendeur. « Toutes ses raisons nous ont poussés à avertir le bailleur. Nous n'avons pas pu trouver un accord favorable. Nous avons été obligé de fermer. »

 

Pour le centre encore « en développement », « l'annonce paradoxale » de la Fnac est surtout un coup dur accompagné d'une crainte réelle de faire « fuir » les potentiels arrivants. Pour eux, c'est aussi un geste qui est « à remettre en perspective avec la situation spécifique de l'enseigne et ses propres contraintes ». Cette dernière position, la société de la Fnac la soutient : « on prend des mesures quand il le faut, on est dans un contexte économique compliqué ».

 

A cela d'ajouter : « suite à des discussions, nous avions même lancé des actions de communications sur l'ouverture de la Fnac le dimanche, mais mi-juillet la décision du tribunal a été contraire à ça. Ça aurait pu insuffler une dynamique supplémentaire ».

 

Un plan de défense ?

 

André Chapuis, délégué syndical CGT, a malgré tout montré son étonnement, pointant que cette fermeture ne faisait que s'ajouter à certaines autres, avec actuellement 3 sociétés en PSE. « Surtout, ça vient en contradiction avec les déclarations de M. Bompard qui annonçait un plan de compétition et non pas de défense. Là on est plutôt dans un plan de défense que dans un plan d'investissement ».

 

« C'est vrai que la Fnac de périphérie Aubervilliers est une particularité s'inscrivant dans une zone commerciale alors qu'habituellement les Fnac de périphérie sont établies dans des zones artisanales », déclare Jean-Marc Laurent. Mais revenant lui aussi sur les 3 sociétés en PSE, il affirme que « les résultats de cette mi-année sont plus mauvais que ceux de l'année dernière », ce qui soulève une inquiétude.

 

La Fnac périphérie continue son chemin

 

« La Fnac périphérie d'Aubervilliers est une spécificité très localisée », remarque Gaëlle Toussaint. « On continue à développer des magasins en périphérie. L'exemple est avec Chamboursy et Quimper. C'est un format de magasin qui fonctionne, sinon on se poserait des questions. » Et ce, alors que le plan social de la société, concernant 35 collaborateurs, vise à les replacer sur les 16 autres sites dispatchés un peu partout dans la France, fait hausser quelques sourcils, la Fnac assure le bon déroulement des choses.

 

« Nous avons présenté le plan aux 35 collaborateurs mercredi dernier », annonce Gaëlle Toussaint, « et il a bien été accepté par eux. Il faut savoir que les repositionnements sont à leur choix et que cela peut être autant dans les diverses régions de France, que vers Aubervilliers ou en Ile-de-France ». Et d'ajouter : « Ce transfert n'a pas d'impact sur les conditions contractuelles des collaborateurs ».