Aucun éditeur ne peut soutenir que le droit d'auteur n'existe pas sur le net

Clément Solym - 06.03.2012

Edition - Justice


Le livre de François Laborde et Denise Bombardier, publié en octobre 2011 chez Fayard a fait parler de lui voilà deux semaines, pour une histoire de violation de droits. En effet, Acrimed avait souligné que dans l'ouvrage, on retrouvait des morceaux d'un article publié sur Slate.fr, ayant entraîné une plainte en contrefaçon.

 

Or, Denise Bombardier, contactée avait réussi à expliquer par téléphone, pour ce « truc qu'elle a pris sur internet ». Et la coauteure d'ajouter : « C'est comme ça, si j'ai bien compris, chez Fayard, c'est ça qu'ils m'ont dit. Ils considèrent qu'il n'y a pas de plagiat, parce qu'il n'y a pas de droit encore pour ça sur les affaires de blog et de sites comme ça. » (voir notre actualitté)

 

 

 

De quoi faire grincer des dents, évidemment, mais l'éditeur, contacté par ActuaLitté ne peut y croire. Ainsi, nous explique-t-on, « aucun éditeur ne peut sérieusement soutenir qu'internet n'est pas protégé par le droit d'auteur, ce qui, me semble-t-il, est suffisamment clair pour signifier que les Éditions Fayard n'ont pas pu affirmer le contraire ».

 

Et de nous assurer que si Denise Bombardier a bel et bien tenu ces propos, cela ne peut que « résulter d'un malentendu ou d'une incompréhension ». Impossible que l'éditeur ait pu tenir ces propos, nous assure la maison, et la coauteure ne saurait tenir de tels propos de son éditeur.  

 

Cependant, la maison ne répond pas sur la question du plagiat soulevé par Acrimed. 

 

Arrêt sur Images avait pointé deux passages, pour mettre en évidence les possibles emprunts : 

 

Dans l'article de Slate.fr

L'attitude française, elle, est en partie liée à une tradition intellectuelle qu'a examinée l'historienne de Princeton Joan Scott. Celle-ci soulignait récemment dans le New York Times que pour certains historiens et sociologues français, l'«alternative à l'égalité entre les sexes est l'acceptation d'un jeu des différences érotisé». L'idée est que la femme acquiert du pouvoir en étant désirée par les hommes, et que grâce à cela elle parvient à rééquilibrer le rapport de forces. Scott ajoute que pour ces intellectuels (elle cite Claude Habib, Mona Ozouf et Philippe Raynaud), le féminisme est vu comme «un apport étrange», en décalage avec les mœurs françaises.

Le modèle défendu est celui d'une «galanterie française», à distinguer du combat égalitaire des féministes américaines, accusées de forcer les femmes à nier leur féminité. Pour ce courant, il s'agit d'opposer le «commerce heureux entre les sexes» (Mona Ozouf) à la judiciarisation excessive des rapports aux États-Unis. Ce discours de l'exception française a d'ailleurs été «construit en réaction contre la politisation des questions sexuelles aux Etats-Unis à partir de la fin des années 1980», souligne le sociologue Éric Fassin.

 

 

Dans le livre Ne vous taissez plus

L'attitude française serait liée à une tradition intellectuelle qu'a soulignée récemment dans le New York Times l'historienne Joan Scott. Celle-ci indique que, pour les Français, l'«alternative à l'égalité entre les sexes est l'acceptation d'un jeu érotisé des différences». Ainsi, la femme acquerrait du pouvoir en étant désirée par les hommes et pourrait de la sorte rééquilibrer le rapport de force. Le féminisme serait, de ce point de vue, «un apport étranger», en décalage avec les mœurs françaises. Et, surtout, il mettrait en danger la galanterie française.

 


Le modèle - celui d'une «galanterie française» est à distinguer du combat égalitaire des féministes américaines, accusées de forcer les femmes à nier leur féminité. Pour ce courant, il s'agit d'opposer le «commerce heureux entre les sexes» à la judiciarisation excessive des rapports hommes-femmes aux États-Unis. Ce discours de l'exception française a d'ailleurs été construit en réaction à la politisation des questions sexuelles en Amérique à la fin des années 1980.

 

 

À suivre...

 

 

Ne vous taisez plus


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