"Aucune taxe" sur la vente de livres d'occasion (Filippetti)

Cécile Mazin - 12.12.2013

Edition - Librairies - Aurélie Filippetti - librairies Chapitre - fonds de pension


Rien de bien nouveau, expliqué au micro de France Inter, par la ministre de la Culture, sur le monde du livre. Interrogée sur le soutien que le gouvernement peut apporter aux librairies, principalement, Aurélie Filippetti se mordra probablement les lèvres d'avoir laissé s'échapper quelques bourdes. Il est parfois nécessaire de tourner sept fois son doigt autour de sa tablette avant de cliquer...

 

 

Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture et de la Communication

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Sur la question de la modernisation de la presse, et des aides apportées, la résidente de Valois assure qu'elle favorise la transition numérique « plutôt que d'aider, pour schématiser, les vieilles imprimeries ou les rotatives ». Les intéressés savoureront le parfum suranné d'encre qui se dissipe dans leurs unités de fabrication...

 

Sur celle, plus directe, des librairies, elle a rappelé la création du fonds d'aides aux reprises d'établissement, alors que la veille, l'IFCIC officialisait la création du fonds d'avances remboursables pour la trésorerie des librairies indépendantes. Les aides au rachat de librairies sont conjointement gérées par l'ADELC et le CNL, et pour exemple, les établissements du groupe Chapitre sont suceptibles, dans le cas où un repreneur se manifesterait, d'y accéder.

 

Dans le cas de Chapitre, cela dit c'est « une mauvaise gestion du fonds de pension, propriétaire du groupe », qui est à l'origine de la Berezina, souligne la ministre. Contrairement aux commerces indépendants, qui ont certes des marges faibles, mais savent se montrer dynamiques et animer leur activité. 

 

Au micro, Aurélie Filippetti balaye également l'idée d'une taxation des ventes de livres d'occasion. « Aucun projet » n'est à l'étude, et si la presse a mal interprété la réponse faite au député Hervé Gaymard sur ce sujet, qu'elle retourne à ses cahiers. Il est vrai que les propos étaient pour le moins diffus, même s'il semblait se dégager clairement une intention de régulation, que ce soit pour le papier, comme le numérique. 

 

En l'état, la ministre rappelle que le CSPLA réfléchit sur le statut de la vente d'occasion (dans les deux formats), et notamment pour répondre à « la concurrence déloyale », que le géant américain Amazon représente « pour l'ensemble de notre réseau de librairies ». C'est que la firme « se comporte comme une place de marché », explique-t-elle. Et parfois, des ouvrages « sont présentés comme des livres d'occasion alors que ce sont des livres neufs », affirme-t-elle.

 

Bon, en fait, c'est l'inverse, qui est dénoncé par le syndicat des libraires et des éditeurs : le fait que l'on achète un ouvrage présenté ‘Comme neuf', alors qu'il s'agit d'une occasion, et surtout, que le prix de vente est fixé par le revendeur, et non par l'éditeur. 

 

Il faut également revenir sur la déclaration faite concernant le cumul du rabais de 5 % et de la gratuité des frais de port. La ministre rappelle cette interdiction, assurant avoir « une très bonne nouvelle », mais en omettant deux points : le premier, c'est que c'est à l'initiative du groupe UMP à l'Assemblée nationale que la proposition a été formulée. Le second, c'est que le texte n'est pas encore voté, et qu'il est encore en attente d'adoption après son passage au Sénat. 

 

Bien entendu, il s'agit de réduire les avantages concurrentiels des vendeurs de livres n'ayant pas de commerces physiques - et la ministre de souligner combien la défense des librairies fait « partie de [ses] toutes premières priorités ». Pour l'heure, Mme Baria Khiari a été nommée rapporteur pour cette proposition de loi, mais les travaux n'ont pas encore avancé. 

 

L'émission est à retrouver à cette adresse.