Audiolivres : que cache l'accord secret entre les éditeurs et Audible Captions

Clément Solym - 17.02.2020

Edition - Justice - audible captions éditeurs - sous titre audiolivres - liver audio éditeurs


Voilà 10 jours maintenant que les éditeurs et Audible (filiale d’Amazon), ont conclu un accord. Par ce dernier, la firme accepte de ne pas sous-titrer les livres audio qu’elle commercialise, sans l’autorisation expresse des maisons. Sauf que l’accord, selon les deux parties, devait rester secret. Pas vraiment du goût de la juge Valerie Caproni, en charge de l’affaire. 


aucune idée, nous, on ne saitrien - pixabay licence 
 

Présenté en juillet 2019, Captions aura fait long feu : dans le principe, une intelligence artificielle allait reconstituer le texte lu des audiolivres, pour le mieux-être des utilisateurs. Les éditeurs américains, tonitruants et épaulés par l’Association les représentant, partaient au procès, pour faire mordre la poussière à l’IA et son maitre.

Quelques mois de procédures et de négociations plus tard, les deux parties parvenaient à un compromis : pas de sous-titres sans accord

La présidente de l’AAP, Maria Pallante, s’en réjouissait plutôt : « Audible a convenu qu’il devrait obtenir l’autorisation de tous les membres de l’AAP qui sont d’accord avec cette position, avant d’aller plus en avant sur Audible Captions pour leurs œuvres. »

Audible, bec dans l’eau, se voyait interdire toute création, génération, reproduction, modification, distribution, publication ou affichage de sous-titres. En somme, le projet Captions était littéralement pulvérisé. Sauf que…

Sauf que les deux parties souhaitent que la juge Valeri Caproni valide leur accord — ce qui signifierait que seules les parties et la juge connaîtraient le détail du règlement établi. Et la perspective ne réjouit pas du tout la présidente du tribunal.

En effet, dans une communication, cette dernière rejette « la requête des parties visant à sceller l’intégralité de l’accord ». Selon elle, « le public a un droit d’accès présumé aux documents judiciaires », mais surtout, « le tribunal ne voit aucune raison de caviarder quoi que ce soit ». 

Une volonté de transparence éminemment louable de la part de la justice américaine, et qui serait appliquée, sauf appel interjeté par l’une, l’autre ou les deux forces en présence. Surtout, dans les faits, plaignants et accusé n’auront pas démontré la nécessité d’un secret par des arguments à même de justifier une dérogation aux pratiques générales de la cour.
 
Attendu que les éditeurs et Audible avaient demandé le soutien de la cour pour les aider à régler leur litige, les voici enferrés dans une situation plus délicate. Pourquoi avoir demandé une telle discrétion ? Il leur est toujours possible, avant le 21 février, de décider qu’elles n’ont plus besoin de la compétence de la cour dans cette procédure, mais serait-ce là le souhait des éditeurs ?

Tout porte à croire que derrière l’accord, des négociations commerciales et logistiques sous-tendent l’affaire. Et que les éditeurs, tout aussi soucieux qu’Amazon de les préserver, n’ont finalement pas obtenu une victoire si manifeste dans la procédure…


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