Aurélie Filippetti : comme son ministère, "sobre et efficace"

Nicolas Gary - 27.01.2013

Edition - Société - Aurélie Filipetti - voeux à la presse - 2013


Les voeux de la ministre de la Culture, présentés à la presse et à différents représentants des industries culturelles, ainsi qu'un parterre hétéroclite d'auditeurs, n'auront pas marqué le monde du livre d'une pierre blanche. Des grandes lignes, évoquées, des choses esquissées, mais avant tout, un discours bien tourné. Et fondamentalement creux. 

 

 

 

 

La disposition de la salle, sans chaise, tout le monde au garde-à-vous, attendant la ministre avec plus d'une heure de retard, tout cela fleurait bon le plaidoyer à sens unique. D'ailleurs, en fin de discours, notre tentative de questionner la ministre sur la question de la BnF, reçut une fin de non-recevoir immédiate. Le conseiller en communication de la ministre, Franck Chaumont, s'interpose sans ménagement : « Pas de question à la ministre. On ne répond pas sur le sujet. » Bon...

 

Alors, revenons au discours lui-même : Aurélie Filippetti assure de sa volonté de réorienter fermement le travail du ministère, « pour consolider et moderniser la chaîne du livre à l'ère numérique ». Le président du SNE, Vincent Montagne, sera probablement resté sur sa faim autant que ActuaLitté, puisque c'est là l'unique évocation de l'industrie du livre. 

 

Notons par honnêteté qu'en parlant de la mission Lescure, dont les conclusions seront remises fin mars, la ministre notera que le travail réalisé « intègre bien sûr les concertations engagées sur le livre ou sur la musique ». Mais là encore, c'est un peu court. 

 

Le lecteur intéressé pourra retrouver l'intégralité du discours prononcé, que nous reproduisons dans son intégralité. De jolies phrases-chocs, des formules magnifiquement tournées - « Je veux un ministère sobre, mais efficace, un ministère au service des gens, des politiques culturelles ou qu'elles se passent dans tous les territoires et quelque soit [sic !, NdR] ceux qui les mènent, par exemple notamment les collectivités locales »  - mais clairement, le monde du livre a été passé sous silence. 

 

Il est vrai qu'après huit mois d'activité, et un ministère repris à Frédéric Mitterrand, il n'y a pas réellement de bilan à présenter à la presse, et surtout, il faut doucement faire avaler la pilule d'un budget qui, sanctuarisé l'an passé, est retoqué pour 2013, et revu à la baisse. Ainsi, aucune donnée chiffrée, aucun élément concret. Les grandes lignes du travail qui sera abattu pour 2013 sont présentes : aides à la presse, diffusion de la culture, formation artistique. 

 

Pas même un mot sur Hadopi !

 

Il faudra se contenter de la conclusion pour que l'édition ait enfin voix au chapitre : 

L'art est la preuve que la vie ne suffit pas, disait Pavese.

Ce matin j'ai reçu l'écrivain chinois Liao Yiwu. Il témoignait de la force de résistance que lui avait donnée, pendant toutes les années d'emprisonnement, la littérature et le rêve de pouvoir un jour refaire de la musique. Aujourd'hui il vit en Europe, pas en France, mais à Berlin, mais après tout peu importe.

 

Cyrano aurait commenté : « Un peu court... »

 

Rendez-vous donc, en janvier 2014, pour en avoir un peu plus. Et savoir comment se sera écrit le fameux, et désormais très attendu, « acte 2 de l'exception culturelle ».

 

Retrouver également notre retransmission en direct de cette conférence.

 

 

  Discours d'Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, prononcé à l'occasion de la c... by   ActuaLitté Paris