Aurélie Filippetti : "la solidarité qui anime l'ensemble de la chaîne du livre"

Clément Solym - 27.12.2013

Edition - Librairies - Aurélie Filippetti - offre de reprises - librairies Chapitre


À l'annonce de la reprise de onze nouveaux établissements du groupe Actissia-Chapitre, la ministre de la Culture a tenu à saluer cette « première vague » permise par la décision du juge. Cela permettra « de préserver 200 emplois » de plus, soit 315, pour l'heure, tout en maintenant « une offre de qualité » pour Montélimar, Angoulême, Perpignan, St Brieux, Besançon, Orléans, Lorient, Limoges, Nancy, Cherbourg et Paris

 

 

Aurélie Filippetti et Amélie Nothomb au Livre sur la Place

Aurélie FIlippetti à Nancy,

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Pour la ministre, il faut lire dans cette décision, « le fruit, pour partie, de la solidarité qui anime l'ensemble de la chaîne du livre ». En effet, sur les onze librairies, six sont rachetées par les maisons d'édition Gallimard et Albin Michel. Un tout nouveau chemin pour le PDG Francis Esménard, mais une prise de risque pour les deux groupes éditoriaux quoi qu'il en soit. 

 

Or, c'est également aux pouvoirs publics qu'il revient de tirer son chapeau, ajoute Aurélie Filippetti. En effet, grâce aux fonds débloqués par le gouvernement, pour les aides à la reprise d'établissements, dans le cadre du plan d'aide à la librairie indépendante, les établissements ont pu plus aisément trouver des repreneurs. L'Association pour le développement de la librairie de création (ADELC) et le Centre national du livre (CNL), au coeur de ces projets, n'ont pas joui d'un délai particulièrement long pour examiner les dossiers et s'engager aux côtés des repreneurs. 

 

La ministre insiste sur cette expertise qui a permis de « répondre favorablement aux demandes de soutien financier des repreneurs qui proposaient des projets viables économiquement ». 

 

Indépendance, une promesse d'avenir

 

Le CNL, pour sa part, est engagé dans quatre des projets et de reprise, et son président, Vincent Monadé, expliquait dernièrement à ActuaLitté combien l'indépendance serait désormais la ligne directrice inéluctable pour la librairie.

 

« Pourquoi les librairies parviennent-elles à vivre et parfois prospérer ? Parce que les libraires proposent des vrais choix, avec un fonds personnel, toujours différent de celui du libraire voisin.  Les librairies vendent les mêmes best-sellers que les autres, mais jamais les mêmes livres. Il faut pouvoir proposer le Goncourt et Barbara Cartland, et recevoir le lecteur de l'un comme de l'autre avec la même attention, la même empathie. Un libraire n'est ni un intellectuel, ni un écrivain, mais un commerçant du livre. »

 

« Quand on regarde le paysage du monde du livre, l'avenir est dans les librairies indépendantes, l'histoire des grandes chaînes est derrière nous. Du côté des éditeurs, des aides du ministère... Tout concourt à l'indépendance », constate Pascal Dulondel, 25 années d'expérience, dont 8 à la tête d'un établissement Chapitre, et qui va reprendre l'établissement d'Angoulême.

 

Dans le même temps, la ministre de la Culture tient à rappeler qu son cabinet reste pleinement mobilisé sur la suite, et va « préparer au mieux la nouvelle vague de projets de reprise qui sera soumis au juge ». Toutefois, à l'instar des ministères de Michel Sapin, Travail, et Silvia Pinel, Artisanat, la rue de Valois manifeste son inquiétude pour les salariés de librairies qui ne trouveraient pas d'ange gardien. 

 

En cas d'impossibilité de reprise d'activité, les ministères restent vigilants sur le devenir des employés. « Les propositions qui seront faites tant par l'actionnaire actuel, le fonds d'investissement Najafi, que par l'ancien actionnaire Bertelsmann dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi qui suivra la procédure de reprise, seront examinées avec beaucoup d'attention », conclut la ministre.