Aurélie Filippetti s'adresse aux libraires

Clément Solym - 23.05.2012

Edition - Librairies - 1001libraires - Aurélie Filippetti - librairies


La semaine passée, le projet 1001libraires dévissait définitivement. Plus d'argent à investir, plus de fonds pour soutenir le portail des librairies indépendantes... Le nouveau projet n'était donc plus soutenu, et dans ces conditions impossible d'avancer et de poursuivre. L'évolution du portail est encore soumise à de multiples inconnues, et nous devrions en apprendre un peu plus prochainement, mais dans l'intervalle...

 

Dans l'intervalle, c'est la ministre de la Culture qui a tenu dans un communiqué de presse à apporter son plein et entier soutien, alors que la cessation du portail est confirmée. « C'est un coup porté à tous les libraires indépendants partenaires de ce projet. Fragilisées par de faibles marges, par la concurrence d'un géant de la vente en ligne et par la récente augmentation de la TVA de 5,5 % à 7 %, les librairies indépendantes s'étaient engagées dans une démarche ambitieuse de médiation numérique », explique la ministre. 

 

Prendre en compte les erreurs passées

 

Or, peu après l'annonce de cette fin prévisible, estiment nombre d'observateurs, le président du Centre national du livre, Jean-François Colosimo a tenu à mobiliser les différents acteurs impliqués. Il invitait ainsi le SLF, le Cercle de la librairie ainsi que l'Adelc à reprendre les discussions et les échanges, pour continuer la réflexion, et apprendre des erreurs constatées. 

 

À ActuaLitté, le président du CNL avait assuré : « Nous tiendrons compte de l'expérience acquise au cours de cette aventure, et tenterons de trouver une solution, pour que les libraires ne soient pas marginalisés dans cet environnement. »

 

Et d'ajouter que parvenir à la création d'un portail viable est un impératif, nous précise Jean-François Colosimo. « L'expérience nous a démontré que l'on a besoin de mutualiser les forces au travers d'un effort collectif et ordonné, autant que coordonné, pour que les librairies disposent d'un outil pertinent sur internet. » (voir notre actualitté)

 

Améliorer les outils existants

 

De son côté, la ministre de la Culture « rappelle son ambition que le Ministère, dans le secteur du livre et de la lecture comme dans d'autres, joue le rôle de facilitateur et parfois de médiateur entre les auteurs, les éditeurs, les diffuseurs et l'ensemble des acteurs de la filière. Dans un contexte de financements publics limités, il faudra améliorer les outils existants, mutualiser les investissements, informer sur l'évolution du contexte, encourager les négociations entre les professionnels du livre et de la lecture ». 

 

Lors de l'annonce de l'arrêt du portail, une personne proche du dossier avait expliqué à ActuaLitté que, malgré tout, 1001libraires avait entre les mains les outils nécessaires : « Nous étions parvenus à proposer un geste défensif à un prix acceptable. » Avec un seul interlocuteur technique, Gibert Joseph, les contraintes étaient largement réduites, et le développement largement facilité. (voir notre actualitté)

 

« Regrettant la disparition du portail 1001libraires, la Ministre souhaite réaffirmer avec force son soutien au secteur de l'édition et à la librairie indépendante. Elle réunira rapidement les différents acteurs de la filière pour soutenir les libraires et relancer la réflexion sur un portail numérique commun librairies/maisons d'édition. Un des enjeux essentiels sera aussi d'accompagner les éditeurs, les libraires et les bibliothèques à prendre place sur le secteur des livres numériques. »