Austérité : La bibliothèque de Toronto poussée au recel de best-sellers

Antoine Oury - 20.01.2015

Edition - Bibliothèques - bibliothèque publique Toronto - livres d'occasion - achat best sellers succès


Pas besoin d'être un leader de l'extrême-gauche grecque pour noter que l'austérité conduit à des atrocités : la bibliothèque publique de Toronto a lancé, en décembre dernier, un programme d'achat de best-sellers d'occasion auprès de ses usagers. Chaque début de mois, elle fait son marché, en espérant améliorer son service sans entamer ses budgets.

 

 

Bookshelves

(Hans Dinkelberg, CC BY 2.0)

 

 

L'établissement se targue d'être la seule institution de toute l'Amérique du Nord à avoir mis en place ce type de programme, mais la publicité pourrait être mauvaise. Chaque début de mois, la bibliothèque de Toronto achètera les best-sellers des usagers, pour un tarif unique de 5 $. L'opération ne concerne toutefois pas tous les titres, mais seulement ceux que l'établissement listera sur son site internet.

 

Néanmoins, la solution, qui combine réduction des files d'attente et économies budgétaires, ne satisfait pas tout le monde : l'auteur Noah Richler dénonce dans une tribune sur thestar.com la « culture du tout gratuit » qui permet de se fournir en contenus culturels sans verser sa part au créateur.

 

La liste du mois de décembre comprenait des grands noms, logiquement, avec Margaret Atwood, David Bezmozgis, Ann-Marie MacDonald ou Kathleen Reichs, et une vingtaine d'ouvrages ont été achetés par l'établissement. Mais l'absence de paiement aux auteurs soulève l'indignation, et la nouvelle directrice de la bibliothèque, Vickery Bowles, est déjà copieusement critiquée.

 

L'établissement a été invité à réduire son budget de fonctionnement, et a notamment coupé les dépenses en matière de services de sécurité, pour l'année 2015, pour réduire des frais municipaux estimés à 170 millions $ annuels.