Australie : la maison d'une écrivaine commémorée… sans ses propriétaires

Julie Torterolo - 11.09.2015

Edition - International - Christina Stead - Australie - Watson Bay


La romancière australienne Christina Stead a passé une grande partie de son enfance à Watson Bay, non loin de Sydney. Sa maison en bord de mer avait même pris place dans certains de ses romans. C’est donc assez logiquement qu’une cérémonie a été organisée afin de mettre une plaque devant le bâtiment, en l’honneur de son ancienne habitante, décédée en 1983. Mais les propriétaires actuels ont préféré bouder l'événement.

 

Christina Stead

 

 

L’héritage littéraire peut passer bien après des problèmes de construction. Du moins, c’est le cas pour les actuels propriétaires de la maison de l’écrivaine australienne Christina Stead. Une cérémonie visant à « honorer » la mémoire de l’auteure a eu lieu devant le bâtiment. Une plaque de bronze a été placée pour l’occasion.

 

Un geste pour la culture littéraire australienne que les deux résidents — un hôtelier Damien Reed et son épouse Geneviève qui ont acheté la propriété 8 millions $ en 2013 — ont choisi de bouder. En effet, ces derniers sont actuellement en litige avec le conseil de Woollahra (zone d’administration locale à l’est du centre-ville de Sydney) qui n’accepterait pas leur plan de rénovation. Ceci explique cela.

 

« Cette maison est importante non seulement pour la littérature australienne, mais également pour la littérature mondiale », a analysé le critique Geordie Williamson, qui considère Christina Stead comme l’une des plus grandes écrivaines du XXe siècle que l’on a sous-estimé.

 

Pourtant l’écrivaine détestait les lieux selon The Sydney Morning Herald . Elle y a vécu toutes ses jeunes années de 1917 à 1928. Elle quitta l’endroit pour fuir son père dominateur et suivre ce qu’elle pensait être l’amour de sa vie. Williamson décrit d’ailleurs le personnage comme « l’un des plus grands enfoirés de l’histoire littéraire ». Elle s’est alors inspirée de sa jeunesse ainsi que de son ancienne maison pour son roman For Love Alone et The Man Who Loved Children.

 

Un petit comité était venu assister à la cérémonie avec, notamment, le neveu de l’écrivaine ainsi que sa nièce, Elizabeth Stead, auteure de The Fishcastle. À noter que la maire de Woollahra, Toni Zeltzer, a avoué ne pas connaître Christina Stead jusqu’à la nomination de l’endroit pour une plaque.