Australie : la technologie s'implante en librairie

Clément Solym - 26.01.2011

Edition - Société - australie - librairie - technologie


L’ère numérique est souvent perçue comme une menace aux librairies traditionnelles. Mais le lancement hier du magasin Reading’s Ebook, mettant à profit une nouvelle technologie développée à Melbourne, pourrait offrir aux librairies indépendantes la possibilité de prospérer dans un monde nouveau.

Celle-ci développée par la Melbourne Company Inventive Labs permet aux lecteurs d’acheter leurs éditions numériques de leurs livres et de les lire sur n'importe quel appareil équipé d'un navigateur web. Le Reading Store proposait initialement des titres de petits éditeurs, mais des négociations sont en cours pour élargir l’offre à de plus grands éditeurs, voire des multinationales.


De grandes chaînes de librairie, à l’image d’Angus & Robertson ou Dymocks vendent déjà des livres numériques à destination de dispositifs de lecture spécifiques. Mark Rubbo, PDG de Readings, affirme que le concept de son nouveau magasin est une manière de donner pignon sur rue aux librairies et éditeurs indépendants. « Finalement, il sera possible pour d’autres libraires et éditeurs de récréer un espace numérique matériel, au lieu de dépendre de marques de livres numériques, comme Amazon ou Kabo. Ainsi, les lecteurs auront le choix. » (via SMH)

Le PDG estime que les prix des livres numériques sont sensiblement plus bas que ceux des éditions imprimées. 150 titres sont désormais disponibles sur le site et des milliers d’autres devraient l’être en mars.

Le cofondateur d’Inventive Labs, Joseph Pearson, indique qu’il y a deux éléments dans le système mis au point : Bookish, une plateforme de distribution de livres numériques où les titres sont stockés, et Monocle, le système qui permet de les lire. Ce dernier est « open source », ce qui signifie que toute personne possédant un navigateur web peut l’utiliser. Aux Etats-Unis, la chaîne de cafés Starbucks utilise Monocle pour son propre réseau de lecture numérique. Fait que Pearson a découvert très récemment, lors d’une visite à San Francisco.

« Nous voulons promouvoir notre système comme accessible à tous de lire des livres ; il n’y a pas besoin d’acheter un dispositif spécial. Nous essayons de faire tomber les barrières empêchant l’accès aux livres numériques. Nous somme conscients de notre ambition et de la quantité de travail que cela représente, mais en même temps, nous proposons une idée différente », a déclaré Pearson.

Jon Page, président de l’association des libraires australiens et dirigeant de la librairie Pages & Pages à Sydney, estime que ce développement est significatif. La vente de livres numériques a longtemps été à ses yeux une question de volume et de marché, dans lequel les librairies indépendantes avaient du mal à rester soudées. « C’est quelque chose que nous pouvons désormais construire. Cela montre que les éditeurs et autres indépendants ne doivent pas être ignorés ».