Combien gagne un auteur de livres en Australie ?

Clément Solym - 07.10.2015

Edition - Economie - auteurs livre - Australie industrie - revenus rémunération


Avec un revenu moyen de 12.900 $, les écrivains australiens sont-ils réellement à plaindre ? D’abord, oui, parce qu’en euros, le taux de change fait mal : 8185 €. Ensuite, explique l’université Macquarie, l’étude réalisée avec 1000 auteurs montre que, comme partout dans le monde, la situation empire.

 

Angus and Robertson books Adelaide - Top 100

Librairie en Australie : J Brew, CC BY SA 2.0

 

 

David Throsby, à l’origine de cette enquête, explique n’avoir pris en compte que les revenus issus du travail créatif, littérairement. Que ce soit de la fiction ou de la non fiction, d’ailleurs. Mais ce qu’il souligne par-dessus tout, c’est que la technologie a eu des impacts encore inédits – 84 % des auteurs sollicités sont en train de changer leur manière de publier ou distribuer leurs œuvres.

 

L’autopublication est donc en croissance, bien plus que l’on aurait pu l’envisager : plus d’un tiers des auteurs de fiction de genre y a déjà eu recours. Et cela, parce que le contrôle sur leur travail, et l’incapacité à intéresser un éditeur a fini par les pousser vers ce projet. 

 

Qui parle de technologie parle de numérique, et à ce titre, les formats EPUB ou Kindle proposent de couvrir tous les champs des possesseurs de tablettes ou lecteurs ebook. À ce titre, la distribution, complétée par l’impression à la demande, devient plus globale encore.

 

À quoi ressemble un auteur, alors ?

 

Les auteurs affirment également qu’ils sont heureux de pouvoir accéder plus directement à leurs lecteurs – les deux tiers d’entre eux y voient un véritable changement dans leur métier. Et plus de la moitié se réjouissent par ailleurs que ces nouvelles technologies de commercialisation leur permettent de trouver des lecteurs, même pour des œuvres plus originales, ou difficiles. 

 

Les deux tiers des auteurs sont des femmes, et 80 % des auteurs ont fréquenté l’université. Ils ont entre 40 et 59 ans, et les trois quarts d’entre eux sont natifs de l’Australie. 

 

Leur revenu moyen est cependant catastrophique, puisque de 12.900 $ AU annuellement, et les auteurs de fictions de genre sont les plus à même de s’en sortir financièrement. Cela signifie donc que moins d’un auteur sur 20 peut gagner le revenu moyen hebdomadaire d’un Australien. 

 

Ils sont ainsi 37,3 % à pouvoir compléter leurs revenus grâce au fait que leur conjoint(e) perçoive des revenus qui leur permettent de mener leur activité d’auteur. Seuls 15 % affirment être parvenus à augmenter leurs revenus grâce aux nouvelles technologies, mais 47 % des auteurs n’y ont vu aucun changement. Malheur, pour 15 %, qui sont désormais moins bien lotis...

 

« Il est probable que certains auteurs ne pourraient pas publier leur travail chez des éditeurs traditionnels, mais certains estiment plus facile et direct d’entrer en relation, par leur œuvre, avec les lecteurs, en publiant eux-mêmes les livres, et en assurant par leurs propres moyens la promotion », précise David Throsby, économiste de la culture. 

 

Et d’ajouter : « Le truc avec l’autopublication, et la commercialisation indépendante, c’est que vous n’avez pas d’intermédiaires. » Autrement dit, une liberté tant d’action que de mouvement, qui manifestement séduit les créateurs.

 

The Australian Book Industry : Authors, Publishers and Readers in a Time of Change, a été conçu et réalisé sur trois années. (à consulter ici) Le prochain volet portera sur les éditeurs.