Australie : se méfier des remises d'Amazon, plus que d'Apple

Clément Solym - 24.07.2013

Edition - Librairies - librairies australienne - contrat d'agence - lois antitrust


Alors que la juge américaine, Denise Cote, a décidé de condamner Apple pour entente, dans le procès du livre numérique, considérant que la firme avait violé les lois antitrust. En connivence avec les éditeurs, Apple a donc fait augmenter le prix de vente des livres numériques, pour assurer une meilleure pénétration sur le marché. Et parvenir à grappiller des parts de marché sur Amazon, l'indétrônable concurrent.

 

 

Treehorn Books

librairie australienne

brewbooks, CC BY SA 2.0

 

 

Du côté australien, les éditeurs se sont tous tournés vers le contrat d'agence, qui permet donc d'imposer aux revendeurs un prix de vente fixé, dans le cadre d'une fourchette. Le sénateur Nick Xenophon s'en est ému et dans un courrier adressé à l'Australian Competition and Consumer Commission, a demandé que soit déclenchée une enquête sur cette possible entente dans le pays.

 

« Si des gens se font arnaquer sur les ebooks aux États-Unis, cela veut dire qu'ils sont escroqués ici ? », interroge le sénateur. L'ACCC, chien de garde de la juste concurrence, vient à ce titre de remettre son avis : si ce comportement a été sanctionné par le régulateur, outre-Pacifique, la Commission assure qu'elle continuera de suivre ce dossier. Et déterminera ultérieurement s'il y a lieu de mettre en place une enquête dans le pays. 

 

Mais voilà : les libraires locaux, loin des conditions de vente imposées par les éditeurs, et notamment au travers du contrat d'agence généralisé, souhaiteraient plutôt que l'ACCC se préoccupe des politiques tarifaires d'Amazon. Jon Page, ancien président de l'Australian Booksellers Association s'explique auprès de l'AFR : « Le contrat d'agence a, de fait, favorisé la concurrence sur ce marché, qui n'existait pas avant à cause des remises énormes pratiquées par Amazon. » 

 

Or, avec le contrat d'agence, cette domination n'a plus cours, et tout un chacun peut désormais profiter d'un peu de ce marché nouveau. « Aucun éditeur n'avait pris de mesure contre Amazon, et à ce stade, cela pouvait nuire à l'industrie du livre. Si Amazon est autorisé à poursuivre sa politique tarifaire, ils domineront le marché de l'ebook... et cela causera de graves dommages aux entreprises australiennes et aux emplois. »

 

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Apple face à la justice américaine : le procès de l'ebook