Auteur autopublié, il commandait son propre livre sous différentes identités

Antoine Oury - 25.02.2019

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Par l'autopublication, ou autoédition, chacun peut faire imprimer son texte, le voir relié, et ainsi le proposer à la vente, pour des amis ou un éventuel cercle de lecteurs plus larges. Mais un auteur autopublié âgé de 18 ans a tenté de passer de nombreuses commandes frauduleuses de son livre, ce qui a eu pour principal effet de laisser plusieurs libraires avec des exemplaires de son livre sur les bras. Edilivre, qui imprime et expédie l'ouvrage, assure que l'affaire est en cours de résolution.

Thief of prohibition ?
(photo d'illustration, Marc Biarnès, CC BY-NC 2.0)

 
Plusieurs dizaines de librairies seraient concernées par une tentative d'arnaque mise en œuvre par un seul homme, par l'intermédiaire de son livre, autopublié par Edilivre. Âgé de 18 ans, l'auteur en question a procédé, selon plusieurs témoignages de professionnels, à des commandes de son propre livre en plusieurs exemplaires auprès de différentes librairies françaises, en utilisant leur site internet.
 

Le compte ferme, ou la porte close


« Il a passé commande sous son propre nom et a ainsi demandé 15 exemplaires de son livre chez nous », explique une libraire. Le site internet de l’établissement, qui fonctionne par l’intermédiaire du groupement LesLibraires.fr, donne la possibilité aux clients de commander un livre et de ne le régler qu’au moment du retrait au magasin. Une fonctionnalité risquée, mais qui ne génère d’habitude pas trop de difficultés : en cas de non-retrait, le livre rejoint le fonds du magasin, ou peut bénéficier d’un retour.

« Edilivre fonctionne avec l’impression à la demande, en compte ferme, et il n’est pas possible de leur retourner les ouvrages non vendus », rappelle un libraire. Société d’autopublication, Edilivre propose en effet à ses clients, mais aussi aux libraires, de commander des exemplaires de leurs ouvrages, charge à eux de les vendre et de les écouler. « Dans le cas d’une dédicace organisée dans une libraire, cela peut-être approprié, et on commande parfois de grandes quantités. »

Sauf que l'auteur incriminé ne commande pas ses livres en prévision d’une séance de dédicaces. D’ailleurs, il ne retire jamais les livres commandés, qui restent sur les bras des libraires : certains assurent qu'ils les ont déjà réglés à Edilivre, ce que la société ne confirme pas. Pour certains, on parle de 15 exemplaires, pour d’autres, de 44 ouvrages commandés et non vendus. « À partir du moment où le mail automatique de réception des ouvrages est envoyé, il annule la commande », rapporte une libraire, qui a pu échanger sur l’individu et sa méthode avec des collègues.

« Je ne comprends pas vraiment l’intérêt de ces commandes : obtenir des droits d’auteur, grimper dans les classements de vente ou peut-être un espoir que les libraires placent ses livres en rayon », s’interroge un professionnel.
 

« Une monumentale erreur »


Contacté par ActuaLitté, Frédéric Roblot, directeur général d’Edilivre, confirme que la société a pris la pleine mesure du problème. « Ces commandes portent a priori sur moins d’une centaine d’exemplaires, avec 7 librairies véritablement lésées, parce que leurs commandes ont été traitées. Le premier lésé, cela reste Edilivre, car nous allons assumer l’intégralité des commandes », explique-t-il.

Le nombre de librairies concernées aura pu être limité par une alerte donnée par la plateforme LesLibraires.fr, intriguée par les 32 commandes du même ouvrage passées sur un laps de temps de 48 heures seulement. « C’est parfois difficile à déceler, surtout sur des temps aussi courts. Ce jeune homme a passé commande sous différentes identités, en faisant des promesses de règlement par virement. »


Comédie du livre : des auteurs en
autoédition qui dérangent


Frédéric Roblot, qui ne peut pas vraiment expliquer la finalité du geste de l’auteur, explique que ce dernier n’aurait pas pu recevoir de droits d’auteur de commandes non honorées. « Les librairies n’étant pas payées, elles ne nous auraient pas payés à leur tour — nos factures sont payables à 30 jours. Je ne m’explique pas ce geste qui relève pour moi d’une monumentale erreur de la part de ce jeune homme. »

Après les alertes de la plateforme LesLibraires.fr, Edilivre est entré en contact avec l’auteur, que nous avons essayé de joindre dans le cadre de l’écriture de cet article. La société espère désormais régler l’affaire à l’amiable, pour éviter de porter l’affaire devant la justice.




Commentaires
Ne pas faire payer les commandes de livres en compte ferme et s'étonner de les garder sur les bras... Non-sens commercial.
Ça s'appelle avoir confiance en l'humain. Et proposer une expérience d'achat moins déshumanisée que sur Amazon. Ce n'est un non-sens commercial que si l'on intègre que le client va être un minable.
"Dans le cas d’une dédicace organisée dans une libraire", vraiment?? #orgie XD
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