Auteur d'un best-seller, il doit rembourser le coût de son emprisonnement... à vie

Clément Solym - 19.02.2018

Edition - Justice - prisonnier nouvelels publication - rembourser peine prison - coût prison Michigan


Depuis douze ans, Curtis Dawkins est emprisonné, avec une peine à vie, pour un meurtre commis lors d’un cambriolage raté. Mais on vient de lui offrir 150.000 $ pour la publication d’une collection de nouvelles de son cru. Scribner a fait sa proposition au cours de l’été 2016, manifestement séduit par la prose du prisonnier...


Chainlink Prison Fence
Jobs For Felons Hub, CC BY 2.0

 


 

Sorti durant l’été 2017, The Graybar Hotel a été salué pour son style – totalement improbable, alors que Dawkins, aujourd’hui âgé de 49 ans, n’en revenait déjà pas que ses textes aient pu intéresser un éditeur. Problème, son recueil n’a pas simplement capté l’attention de la critique : le trésor public du Michigan aimerait aussi avoir une discussion avec l’auteur...

 

En l’état, l’ensemble des revenus a été reversé à un fonds d’éducation pour les trois enfants du prisonnier. Or, en octobre dernier, l’État a déposé une plainte, pour que les revenus liés au livre servent plutôt à payer les frais d’incarcération. Mieux : depuis 2005, Dawkins a coûté 372.000 $ à l’État, qui maintenant réclame un remboursement...

 

Évidemment, le prisonnier n’a pas les moyens de se payer un avocat, et se défend lui-même. À ce jour, c’est sa famille, et ses enfants, qui pourraient être punis pour son crime, en remboursant les frais que sa peine occasionne. En effet, le Michigan compte parmi les 40 États où les prisonniers peuvent être contraints de s’acquitter du coût de leur emprisonnement.

 

Soins médicaux, médicaments, vêtements, transports, etc. Tout peut être pris en compte quand il s’agit de présenter l’addition. Et cette dernière n’intervient généralement que si le prisonnier a les moyens de régler la douloureuse. 

 

Pour Dawkins, l’unique solution serait de faire valoir devant la justice qu’il est dans l’obligation légale et morale de subvenir aux besoins de ses enfants et de sa conjointe. Une échappatoire qui pourrait le sauver. En 2017, il semblerait que l’État soit tout de même parvenu à obtenir 3,7 millions $ de 294 prisonniers sur les 40.000 détenus.

 

Des instances nationales qui accompagnent
la lecture en prison

 

Si les prisonniers qui écrivent leurs mémoires et les publient sont protégés en vertu du Premier amendement, nombreux sont les États qui ont cherché à limiter la perception de leurs droits d’auteur. Ou encore, à être simplement rémunérés pour les ventes.

Ainsi, Malcolm Braly, l’un des écrivains de fiction les plus célèbres en la matière, avait retardé la publication de son roman On the Yard, en 1967, jusqu’à sa libération conditionnelle. Des responsables du département pénitentiaire assuraient en effet que cette parution violerait les termes de sa libération.

 

via New York Times


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