Auteurs, marques, société : le nouveau piège de Facebook

Clément Solym - 17.05.2010

Edition - Société - community - pages - controle


Les problèmes de confidentialité de Facebook ont toujours fait l'objet d'avertissements autant que de plaintes. Des blogueurs d'influence se retirent du réseau social, estimant que leur compte personnel devient de véritables enfers et qu'ils n'ont plus aucune vie privée. En même temps, mettre sur sa page Facebook des éléments trop personnels, c'est tendre le bâton pour se faire battre. Mais soit.

Pour l'exemple de Cory Doctorow, dont nous parlons régulièrement dans nos colonnes, le départ de Facebook a été motivé par des problèmes moraux. Estimant que sa présence sur le site incitait également ses lecteurs à s'y rendre, et donc à mettre le doigt dans l'engrenage, il a ainsi préféré quitter illico la boutique. « Je préférerais que les gens trouvent d'autres outils pour parler de mes livres que Facebook », expliquait-il à Media Bistrot.

La fan page créée reste cependant en ligne.

Or, une tout autre situation de crise semble se dessiner. De crise, ou non d'ailleurs. L'apparition des Community Pages, destinées à la valorisation de sociétés, de gens populaires ou de marques, calquées sur un modèle très wikipediesque fait le bonheur d'amateurs de livres. Qui s'en sont emparés pour créer les pages de Stephen King, Kathryn Stockett, mais également de groupes d'édition, comme HarperCollins, Random House, ou Simon and Schuster.

Selon le règlement de Facebook, ces pages appartiennent à la communauté, de manière collégiale. Un enjeu complexe, puisque, motivées par l'envie de parler ou de se regrouper autour d'un intérêt commun, les personnes qui génèrent ces pages multiplient les entrées relatives à une marque, par exemple.

En s'éloignant assez rapidement des intérêts propres de la marque. Derrière cette forme de promotion ou de publicité en faveur d'une marque, se dessinent également des problèmes de contrôles de l'information qui y est livrée - autant que de maîtrise de l'image.

C'est ce que pointe un billet sur All Facebook. Non seulement d'un côté se multiplient les entrées en fonction de l'orthographe d'un nom de société, de personne ou de marque, mais en outre, les concernés s'y retrouvent surtout dilués. Difficile donc de concilier l'intérêt que les sociétés et marques peuvent avoir à utiliser Facebook, et les intérêts propres du réseau social.

Sans parler des informations fallacieuses que ces pages pourraient contenir...