Réforme des dispositifs d'aide du CNL : ce qui changera pour l'édition

Nicolas Gary - 27.01.2015

Edition - Economie - Vincent Monadé - livre lecture édition - dispositifs aides CNL


Le ministère de la Culture avait demandé, à l'époque d'Aurélie Filippetti, que le Centre National du Livre fasse évoluer ses dispositifs d'aides. En concertation avec la direction générale des médias et des industries culturelles, la réflexion a été menée au point de l'adoption par le conseil d'administration, ce 27 janvier. ActuaLitté détaille, point à point, les différentes perspectives nouvelles. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'un peu de changement arrive.

 

 

Vincent Monadé Voeux 2015 CNL

Vincent Monadé - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Trois grandes modifications interviennent, suite à l'adoption du nouveau dispositif d'aides proposées par le CNL. Bien entendu, ActuaLitté diffuse également l'intégralité des éléments relatifs aux modifications apportées, suivant les dispositions :

 

« Au final, à partir des 38 dispositifs d'aides actuellement, applicables, la réforme, si elle est entérinée, portera une simplification du dispositif d'aides du CNL avec 12 suppressions, 1 transformation et donc un dispositif de 26 aides soit une diminution d'un tiers », indique le Centre National du Livre. 

 

Restent donc quatre grandes innovations, qui répondent à des nécessités contemporaines de l'édition, et font écho à des problématiques multiples.

 

Tout d'abord, les soutiens accordés pour les manifestations par le Centre seront conditionnés désormais à la rémunération des auteurs. Il s'agit maintenant de « rendre obligatoire la rémunération des auteurs à partir de 2015 en accompagnant les organisateurs qui l'appliquent, avec un moratoire d'un an pour les autres ». Consulté sur cette question, le Centre nous explique que les manifestations programmées pour l'année 2015 verront leurs aides maintenues, mais il importera de se conformer à cet impératif.

 

L'autre nouvel apport cible l'environnement numérique, sous un double aspect : tout d'abord, « l'ouverture des aides aux éditeurs “pure-player” qui respectent le droit d'auteur et la diffusion en librairie indépendante et l'intégration des coûts d'édition numérique dans les coûts d'aide à la publication ont été actées ». Cette solution indispensable permettra aux éditeurs 100 % numérique de bénéficier d'un soutien dans la création de projets éditoriaux, tout en élargissant le champ des créations possibles, proposées au public. 

 

Cette approche est doublée par deux aides spécifiques, pour la publication numérique, et une à destination des éditeurs indépendants souhaitant s'aventurer dans ce secteur. 

 

Enfin, notons que les projets présentés au Centre ne pourront désormais plus cumuler aides à la traduction et aide à la publication, « sauf pour les projets particulièrement difficiles qui seront traités dans l'aide aux grands projets ». En revanche, le livre de poche pourra disposer d'une aide à la création qui jusqu'à lors lui était interdite. 

 

Pour conclure, les bibliothèques, tout comme les librairies, ne sont pas oubliées. Pour les premières, le CNL portera notamment l'accent sur les publics empêchés : « Pour tous ces publics, il importe de raisonner en termes de projets et non plus de collections, en prenant en considération des éléments susceptibles d'être intégrés dans l'assiette de l'aide du CNL, telle que le matériel, la médiation et la valorisation des fonds, voire la formation d'auxiliaires bibliothécaires. »

 

Côté librairie, en revanche, plusieurs aménagements sont prévus, avec plusieurs propositions qui vont dans le sens d'allégements financiers pour les établissements et de modifications apportées concernant le label LIR, ou encore l'accompagnement professionnel.

 

À l'avenir, les dispositifs d'aides seront également évalués, une demande réccurrente de la part des organismes de contrôles de l'Etat. « Le CNL suggère qu'un groupe de travail soit mis en place et animé par la Direction Générale des Médias et des Industries Culturelles, afin qu'elle puisse préciser ses attentes vis-à-vis de l'établissement en la matière, et approfondir cette question avec les organismes de contrôle de l'État et les personnalités qualifiées compétentes. Une mission pourrait être proposée à un intervenant extérieur si besoin. »