Auto-édition : vers la fin de la stigmatisation

Clément Solym - 12.09.2012

Edition - Société - Auto-édition - Tendance - Auteurs indépendants


Les observateurs du monde de l'édition ont constaté : des nombreux auteurs cherchent obstinément un éditeur traditionnel, alors que l'auto-édition serait susceptible de mieux servir leurs intérêts. L'édition traditionnelle semble ainsi être devenue, dans de nombreux cas, un choix vaniteux. En atteste la publication jeudi, par Amazon, de nouveaux chiffres mettant en relief le succès de sa plateforme Kindle Direct Publishing. 

 

 

 

 

Au cours de sa conférence de presse, jeudi en Caroline du Sud, le leader de la diffusion numérique annonçait : que 27 de ses 100 plus grands best-sellers ont été publiés via le programme d'autopublication dédiée à la gamme Kindle. Ainsi, plusieurs auteurs ont écoulé par ce biais des centaines de milliers d'exemplaires de leurs ouvrages.

 

Pour les auteurs habitués à être refoulés aux portes des éditeurs traditionnels, la promesse de voir leurs livres publiés en quelques heures, en traitant directement avec Amazon, constituerait une alternative optimale et parfois fructueuse. D'autant plus que par ce biais, ils se voient reverser 70 % des redevances liées aux ventes.

 

Témoin et acteur de cette réussite, Hugh Howey, l'auteur de la série Wool qui fut sortie de l'ombre par cette méthode, a déclaré : « La plupart de mes mois, sont des mois à 6 chiffres. [...] C'est plus que je n'aurai espéré en un an. [...] La stigmatisation a disparu. Les lecteurs sont vraiment juste intéressés par de bonnes histoires. »

 

Selon les propos de Bernard Starr, dans le Huffington Post : « Le fait est que les auteurs n'ont plus besoin d'un éditeur. »

 

Outre Amazon, Barnes & Noble et Apple proposent également leurs circuits d'auto-édition d'ebooks. Et tous ces supports permettent de voir publier des ouvrages qui seraient à jamais restés à prendre la poussière au fond des cartons de leurs auteurs.

 

Le vieux mythe archaïque d'une unique voie d'édition semble enterré. Il y a donc fort à parier que les écrivains, refusés à maintes reprises sur le seuil des grandes maisons d'édition, songeront de plus en plus à se convertir à la confession de ces nouveaux messies de l'édition littéraire.