Autoédition : vers un recours collectif contre Author Solutions

Clément Solym - 04.03.2013

Edition - Justice - autoédition - enquête - class action


Le service de Pearson, Author Solutions, Inc, est une société d'autoédition, rachetée en juillet 2012 pour 116 millions de dollars. Un investissement colossal, expliquait John Makinson, PDG de Penguin : « Cette acquisition va permettre à Penguin de participer pleinement dans ce qui est peut-être le secteur le plus dynamique de l'économie éditoriale, mais aussi de se former à l'acquisition d'une clientèle et d'une base de données qui seront vitales pour son futur. »

 

 


 

 

Car voilà ; Author Solutions est un service d'autoédition, directement rattaché à la maison d'édition de Pearson, Penguin... qui va faire face à un léger problème. Un cabinet d'avocats s'est en effet mis en tête que le service Author Solutions pourrait poser un léger problème, et ce dernier serait en mesure d'intenter un recours collectif contre la société. 

 

Giskan Solotaroff Anderson & Stewart LLP ont ainsi été sollicités pour représenter plusieurs plaignants, et citoyens américains ayant eu recours à ce service, ou l'une de ses déclinaisons : iUniverse, Trafford, Xlibris, Inkubook et Wordclay. Le cabinet précise en effet que les auteurs qui se servent d'Author Solutions font état de pratiques trompeuses, et d'incitation à l'achat de services annexes, qui n'auraient aucune valeur ajoutée, dans les faits, alors qu'ils seraient vantés comme indispensable.

 

Les avocats lancent donc un appel : toute personne ayant autoédité son livre avec Author Solutions, et s'estimant victime de pratiques frauduleuses est invitée à apporter son témoignage - et son eau au moulin. Parmi les témoignages déjà recueillis, celui d'une femme qui avait été informée que les services d'AS pour son livre seraient évalués à 400 $ et qui a finalement reçu une addition de 4000 $... (via TIMP)

 

Attendu que récemment, Author Solutions a passé un accord avec Simon & Schuster, cette enquête pourrait ne pas apporter de très bonne presse, ni à Pearson, ni à Penguin. Dans l'hypothèse où le cabinet déciderait de déclencher une procédure collective, il faut également mettre en perspective le fait que le groupe a décidé d'une fusion de ses activités éditoriales avec Random House...

 

Les éclaboussures, ça tache toujours...