Autour d'Hadopi, effervescence des politiques et fournisseurs d'accès

Clément Solym - 07.10.2010

Edition - Justice - emails - envoyer - internaute


Tout a commencé voilà quelques jours, avec la réticence affichée de Free, qui a clairement indiqué qu'il ne jouerait pas le jeu de l'envoi d'emails à ses abonnés contrairement à ce que réclame la loi.

Et au passage, le FAI balance une pique bien sentie, estimant que si les concurrents « ont décidé de collaborer, nous nous contenterons juste de respecter la loi ». Au centre de la discussion, bien entendu, le problème de la confidentialité, qui reste passablement à penser. Mais également le coût de l'identification des téléchargeurs, qui rebute les opérateurs.

Intelligent et opportuniste

Si pour certains, comme Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, il faut saluer « l'intelligente (et opportuniste) résistance de l'opérateur Free », d'autres, comme le député UMP Alain Suguenot applaudissent franchement. L'élu de Côte d'Or se félicite que Free attende « d'avoir des garanties quant aux modalités du dispositif, notamment sur la confidentialité des données pour envoyer des courriels. Je ne peux qu'abonder dans ce sens, compte tenu des trop fortes interrogations qui entourent cette procédure d'envois d'avertissements ».


Le ministre de la Culture a pour sa part condamné la position du FAI, qu'il considère comme « inacceptable ». Et de se réjouir que « la réponse graduée portée par l’Hadopi soit aujourd’hui une réalité ». Réponse ou riposte, on laisse à chacun la possibilité de se tromper. Cependant, le ministre est clair : « Le revirement de Free, qui a décidé lundi de ne pas transmettre, à ce stade, à ses abonnés les messages d’avertissement, en violation formelle de ses obligations légales, est inacceptable. Cette situation, que le ministre condamne fermement, doit prendre fin dans les meilleurs délais. »

Un com' à peu de frais

En face, la concurrence se frotte les mains, et n'hésite pas à tacler aussi bas que Free. Chez France Telecom, le problème du coût pourra être réglé par la suite. Mais c'est Numéricable qui lance sa petite bombe, considérant que « bloquer les mails d’information de l'Hadopi, c’est faire courir un risque aux internautes ».

En effet, les emails sont avant tout des avertissements qui permettent à l'internaute de garantir la protection de son environnement. Ainsi, ne pas les envoyer « revient donc à empêcher l’internaute de se protéger ou de se défendre, alors que le délai court et que le risque de sanctions, fondées ou non, est bien réel ».

Et de dénoncer une communication démagogique et facile auprès des internautes.

Voyez-vous ça !

D'autres réactions ne tarderont pas...