Avec BookSurge, Amazon invente le chantage à l'édition

Clément Solym - 30.03.2008

Edition - Les maisons - Amazon - BookSurge - publication


BookSurge est un service d'impression de livre à la demande et d'autopublication qu'Amazon a acheté en 2005. Et les éditeurs ont reçu de ce site une proposition qu'ils aimeraient refuser... mais dont ils sentent bien qu'ils ne le pourront pas.

C'est moi, sinon...

Une proposition qui a d'ailleurs tous les aspects de la prise d'otage, voire du simple chantage : soit les sites proposant de l'édition à la demande passent par une réalisation du livre via BookSurge, soit l'achat des titres via un simple clic sur Amazon sera tout bonnement impossible. On ne manquera pas de s'inquiéter en repensant à l'initiative CreateSpace et aux dangers qu'elle pourrait renfermer...

L'an dernier, BookSurge avait tenté une percée en passant par Amazon pour générer un plus gros trafic, tentant également de s'approprier quelques parts de marché détenues par Lightning Source. « Je me sens comme une puce entre deux éléphants » avait commenté un des responsables d'une société de Publication à la Demande (PàD).


Contraint et forcé, ce dernier avait accepté le marché et fait migrer ses réalisations de livres chez BookSurge, sous peine de voir ses auteurs disparaître d'Amazon, bien que ses livres soient toujours disponibles chez Lightning Source.

Monopole, chantage, pratique anti-concurrentielle...

Les uns hurlent alors au monopole, voire affirment qu'Amazon empêche de faire du business tranquillement, et que cette pression sur le marché de la PàD va à l'encontre des règles du commerce. Amazon se défend en expliquant que tout cela est surtout destiné à proposer de nouvelles offres, encore plus attractives, pour le bienfait du consommateur.

Et puis les éditeurs qui n'ont pas recours à BookSurge pourront toujours participer à L'Amazon Advantage Program, c'est-à-dire passer par des fournisseurs tiers qu'Amazon a choisis.

Vous trouverez sur la page de Writers Weekly tout le détail, en anglais de cette affaire. Et en France, on ne comprend toujours pas pourquoi Amazon est dangereux, avec sa gratuité des frais de port...