Avec Le nuage radioactif, Benjamin Berton sème des arbres

Julien Helmlinger - 27.08.2014

Edition - Les maisons - Editions Ring - Benjamin Berton - Nuage radioactif


En matière de respect de l'environnement, les générations suivantes récoltent ce que l'on sème. Comme l'annoncent les éditions Ring, ce 28 août paraîtra le premier livre « éco-compensé » de la rentrée littéraire. La publication de Le nuage radioactif, le septième roman de l'écrivain et journaliste culturel Benjamin Berton, s'accompagne d'une démarche responsable. L'auteur, sensibilisé aux problématiques de protection de la nature, promet de financer la plantation d'un arbre tous les 25 exemplaires vendus.

 

 

©Aurélien Godet 

 

 

Benjamin Berton, Goncourt du Premier Roman et Prix de la Vocation, en 2000 pour son livre Sauvageons, donne volontiers dans la littérature qui colle aux réalités sociales. Il vit au Mans, avec sa femme et ses deux enfants. Il écrit, mais travaille également depuis une quinzaine d'années en tant que responsable logistique et informatique de la Caisse Régionale d'Assurance Maladie d'île de France. 

 

Contacté par ActuaLitté, le romancier a accepté de nous éclairer quant à la démarche qui est à l'origine de son nouveau livre, qui sort dès demain en librairies. Un roman d'aventures, 374 pages, avec les environs de la centrale nucléaire de Chinon comme toile de fond. L'occasion d'évoquer aussi la dimension écologique de son pari de publication éco-compensée.

 

L'écrivain confie : « Je désirais notamment renouer avec la centrale que j'avais déjà vue petit, ce lieu qui à la fois peut donner la vie et la mort, pour situer mon récit qui dresse un certain parallèle entre la relation père/fils et l'évolution de notre environnement. Je suis un peu adepte de la typogéographie, qui admet qu'un lieu peut être chargé d'émotions. » 

L'action du Nuage Radioactif est située en Touraine. Un père, Denis, enlève son fils à sa mère, dont il est séparé, pour l'emmener quelques jours sur la route des châteaux de la Loire. Le père, obsédé par l'imminence d'une catastrophe nucléaire et par la Centrale de Chinon, vit ce temps passé comme un privilège, en lisant, dans le paysage et la dégradation ambiante (le pays est en crise économique), les traces de la débâcle à venir. Mais ce qui apparaissait comme le fantasme d'un homme en détresse est peut-être déjà en train de se produire. Partout, la réalité donne des signes de contamination par la radioactivité véhiculée par un nuage anodin en apparence…

 

L'édition verte : papier écolo et arbres plantés

 

Dans un contexte de rentrée littéraire, avec ses nouveaux titres, ses volumineux tirages papier et autres répercussions environnementales, la responsabilité écologique trouve ainsi un nouveau terrain d'expérimentation. Considérant que la production d'un bouquin de 400 pages consommerait environ 4 % d'un arbre, l'auteur qui s'estime « écolo comme de nombreux citoyens », décide de « prolonger le fond du roman dans la vraie vie ».

 

« C'est une démarche personnelle, plutôt modeste », mais néanmoins exemplaire. Ainsi, tous les 25 exemplaires du roman Le nuage radioactif écoulés sur le marché, l'écrivain reversera un euro à titre personnel à l'association Planète Urgence qui Cette dernière plantera autant d'arbres que le permettra la somme allouée, sur la base d'un euro par arbre semé. Une manière de compenser les externalités négatives de la publication.

 

Benjamin Berton confie : « Dans mon travail, je m'occupe de logistique, je baigne donc dans cette thématique du développement durable. Or la rentrée littéraire c'est un véritable désastre pour l'environnement avec toutes ses parutions, ses livres jetés voire détruits. Un grand gaspillage. L'association partenaire, qui a pignon sur rue, me permet d'appliquer ce développement durable au livre. Je suis surpris que cela n'ait encore jamais été fait, d'après mes recherches. »

 

À noter également que la maison d'édition Ring utilise depuis 1 an un papier écologique sans chlore ni bois, fabriqué en Allemagne. Un concept écolo original, que son initiateur espère partager à l'avenir avec d'autres écrivains ayant la chance de faire de gros tirages. Reste à voir si l'industrie de l'édition en prendra de la graine.

 

Le premier tirage sera compris entre 3000 et 4000 exemplaire, et l'auteur confirme que ses ventes se situent dans se créneau. Le calcul sera assez rapide à faire.