Avec Pokemon Go, les dresseurs prennent les librairies d'assaut

Nicolas Gary - 14.07.2016

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Pokemon Go, c’est LA tendance du moment, le grand retour du célèbre slogan « Attrapez-les tous », mais cette fois, dans le monde réel. Soucieux de développer une licence qui a décérébré des millions d’enfants, l’éditeur Pokemon Company remet le couvert. Une application, de la réalité augmentée, et cette fois, c’est en courant dans les rues que l’on peut trouver Bulbizarre, Carapuce ou Salamèche. 

 

 

 

En l’espace de quelques jours après sa sortie, ce jeu a généré des articles en pagaille : depuis quelques heures, les Français peuvent également télécharger l’application. Il ne sera donc pas impossible de croiser un piéton, l’air concentré, smartphone levé en main, à la recherche d’un Pokéstop (lieu où l’on récupère des objets pour son équipement), une Arène, pour s’affronter entre dresseurs, ou d’un Pokemon à capturer...

 

L’une des ressources prévisibles pour le jeu sera bien entendu la publicité, a expliqué le grand patron du studio Niantic Lab : les lieux où se rendront les jours pourront proposer des opérations spéciales, avec un coût facturé selon les visites. Une capacité de street marketing totalement hallucinante – sachant que Pokemon Go compte au moins plus de 10 millions d’utilisateurs sur le seul territoire américain. 

 

Des lieux sponsorisés, des commerces disposant de solutions publicitaires : les enseignes vont s’en donner à cœur joie, et si la mayonnaise prend, attention...

 

D’ailleurs, les premières mesures coercitives ont été prises, puisque le Sénat a fait annuler la première chasse collective prévue dans Paris, aux Jardins du Luxembourg. Elle devait se dérouler ce 14 juillet, mais le Sénat invoque « le respect de la tranquillité de ses usagers et de la préservation du domaine », mais également « l’interdiction des opérations d’ordre promotionnel dans le jardin ». Dont acte. Près de 6000 apprentis dresseurs avaient tout de même répondu présents pour cet appel. 

 

La réalité augmentée dépend des lieux physiques : les librairies 

 

Mais aux États-Unis, justement, des libraires ont rapidement compris le potentiel de ce jeu. Sans verser le moindre cent ni à Nintendo ni à Pokemon, les voici qui communiquent allégrement et surfent sur la tendance. Main Street Books, située à Saint-Charles (Missouri) a posté un premier cliché, avec un Fantominus [merci à notre consultant spécial pour l’identification]. Et de jurer que la librairie est prête à accueillir les futurs Maîtress Pokemon.

 

 

 

Quelques heures après le premier post, voici qu’un second enfonce le clou

 

Nous ne sommes pas un Pokestop officiel, mais nous allons faire tout notre possible pour aider les futurs Maîtres Pokemon intrépides ici, à Main St Books. Il va faire chaud aujourd’hui, Dresseurs, alors arrêtez-vous et prenez un peu de fraîcheur, une bouteille d’eau et chopez un nouveau Pokemon. Si vous nous montrez une capture d’écran avec un Pokemon attrapé dans Main Street Books, vous aurez 10 % de remise sur vos achats. Attrapez-les tous !

 

Devenir un Pokestop, c'est l'affluence assurée

 

La folie douce est en route. Et d’autres libraires, fort logiquement, racontent qu’ils ont vu débarquer des joueurs, application activée, dans leur établissement. La librairie Book Garden, située à Bountiful, dans l’Utah, est devenue un Pokestop : pour Tonya Youngibrd, la libraire, cela a rapidement signifié que des joueurs, des familles sont arrivés pour profiter du lieu. Et les ventes de livres ont augmenté significativement. « Nous avons beaucoup de gens qui viennent avec leurs enfants [...] une fois dans le magasin, ils cherchent et réalisent que nous avons un grand nombre de choses qu’ils ne pensaient pas trouver. »

 

Être un Pokestop, une Arène ou un Pokegym peut ainsi avoir de réels avantages pour le commerce – du livre, ou tout autre. Avec l’idée de que des lieux seront sponsorisés, les librairies disposeront elles aussi de solutions pour mettre en valeur l’établissement. Avec toujours le même problème : l’investissement publicitaire sera proportionnel à la mise en avant. Et les ventes des guides Pokemon durant ce temps ? Elles ne semblent pas avoir explosé pour autant, bien que les éditeurs aient prévu de surfer sur la vague eux aussi. 

 

Books & Books, librairie située en Floride, a également été déclarée Pokestop : tout est prêt pour accueillir les joueurs, qui s’empresseront de venir faire le plein d’items. « Un moyen inattendu de soutenir les entreprises locales », estime la librairie. 

 

Nous verrons bien dans les prochains jours si les librairies en France s’emparent elles aussi de ce grand retour des Pokemons. En tout cas, à la rédaction... on a trouvé un Bulbizarre !

 

 

 

via Shelf Awareness, PW, FT

 

 

Retrouver les conseils pour attirer les dresseurs de Pokemon Go en librairie