Les doodles de Google, source de popularité pour les écrivains

Antoine Oury - 08.07.2015

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Sur le web, la recommandation fonctionne souvent à l'aune de la fréquentation : et, en la matière, difficile de faire mieux que Google, l'incontournable moteur de recherche. Régulièrement, la multinationale met sa page d'accueil aux couleurs d'une personnalité ou d'un événement, le plus souvent culturel. Les écrivains sont plutôt bien servis, et leur cote de popularité profite amplement du « doodle » événement.

Google ne choisit pas toujours des têtes d'affiche : ci-dessus, le doodle consacré à Anna Atkins

 

 

Ce n'est évidemment qu'une demie-surprise : dès lors que Google affiche sa page spéciale aux couleurs d'une personnalité, les taux de recherche explosent littéralement. D'autant plus qu'un clic sur l'image affichée à la place du logo de Google renvoie automatiquement à une recherche autour du terme. Si les pages Wikipédia doivent amplement profiter de cet indice de découverte, les personnalités en question deviennent de véritables tendances. (via GalleyCat)

 

L'outil Google Trends, qui permet d'obtenir un aperçu du taux de popularité de certaines recherches et d'effectuer des comparaisons entre 5 termes, permet d'obtenir un bref aperçu des effets d'un doodle. En rouge, on suivra Léon Tolstoï, en jaune les Barbapapa, en bleu la botaniste Anna Atkins, en vert la journaliste Nellie Bly et en violet Friedrich Nietzsche.

(via Google Trends)

 

 

Si les cotes de popularité crèvent le plafond au moment des doodles, la règle ne se vérifie pas pour chaque écrivain ou oeuvre : probablement trop populaires pour intriguer, les Barbapapa ne profitent ainsi que d'un regain d'intérêt temporaire. Même chose pour Nietzsche, honoré en 2013, mais clairement sur la pente descendante. En revanche, des personnalités moins connues, comme Anna Atkins ou Nellie Bly, profitent amplement d'une telle mise en avant.

 

Raison de plus pour interpeller l'acteur quasi monopolistique du web quant aux choix qu'il effectue : l'année dernière, le mouvement SPARK, pour Sexualisation Protest, Action, Resistance, Knowledge, avait publié une étude statistique des personnalités honorées par Google. Le résultat était plutôt génant pour le moteur de recherche, puisque l'écrasante majorité se limitait... aux hommes blancs.

 

Depuis la communication de l'étude, Google a bel et bien tenté de rectifier le tir, et consacre désormais une grande part de ses doodles à des femmes. Néanmoins, et surtout au niveau mondial (certains doodles sont réservés à des pays en particulier), les anglophones dominent toujours... Autre écueil, de taille : pour éviter les polémiques, les doodles sont largement réservés à des personnalités décédées.