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Avec Vivendi, Editis veut apporter plus de revenus aux auteurs

Nicolas Gary - 25.02.2020

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Voilà plus d’un an maintenant que Vivendi a mis la main sur le groupe Editis. Absorption de la dette du groupe, pour favoriser les investissements, intégration dans une structure avec une approche partenariale revendiquée… Quid d’une structure éditoriale au sein d’un groupe d’entertainement ? Michèle Benbunan, directrice générale et Arnaud de Puyfontaine, président du directoire de Vivendi prennent la parole pour exposer le projet.

Arnaud de Puyfontaine - Michèle Benbunan
Arnaud de Puyfontaine - Michèle Benbunan


Quatre mois et vingt-cinq jours que Michèle Benbunan a pris ses fonctions. Avec l’enjeu de maintenir « la spécificité des maisons, et celle des capacités créatives », indique Arnaud de Puyfontaine, convaincu « du rôle des auteurs et des éditeurs » pour développer un environnement « dont la qualité éditoriale prime ». 

Il y a la force, l’ambition et les moyens de Vivendi « pour servir les projets stratégiques d’Editis », parmi lesquels des projets de croissance internationale.

Après 28 années au sein de Hachette Livre, l’arrivée de Michèle Benbunan à la tête du groupe éditorial se fait après l’intérim de Pierre Conte. « Et puis cette industrie compte beaucoup d’hommes : il était important de pouvoir peu à peu rééquilibrer les choses et que vous apportiez, à la tête de cette maison, un peu plus de féminité », souligne Arnaud de Puyfontaine. Soit.
 

L'auteur, et ses revenus


Au cœur du projet d’Editis est placé l’auteur — le rapport Racine sera régulièrement évoqué au cours de la matinée. Car « tout commence avec les créateurs, dont la problématique des revenus est essentielle ». Surtout quand les maisons attendent d’eux une présence sur les réseaux sociaux, dans la communication, et ailleurs. « Il n’est plus possible de se contenter de droits d’auteurs » : Vivendi apportera donc une palette de compétences, pour décloisonner l’auteur d’une trop stricte perspective d’écriture.
 
« Faire rayonner l’auteur à 360°, sur tous les supports, cela signifie qu’il faut élargir l’assiette des revenus, en suggérant des pistes qui correspondent. Certains préféreront intervenir lors de conférences, d’autres pour des master class », indique-t-elle. Des projets concrets s’élaborent dans les murs du 92 avenue de France, nouvelle adresse du siège.

Siège social Editis
siège d'Editis, 92 avenue de France

 
Et de citer l’intervention de Franck Riester sur la question de la rémunération des dédicaces, où l’État compte s’impliquer, en participant à leur financement. « Les revenus complémentaires font partie du débat : il faut mieux les industrialiser, pour construire un cercle vertueux. »
 

Livre d'occasion et stock zéro


Dans les prochains temps, il s’agira donc de canaliser les énergies des différentes maisons du groupe, qui fonctionne comme « une fédération d’entrepreneurs ». La création d’une direction des opérations vise à plusieurs modernisations du groupe — en restant à l’écoute des libraires, en forte demande d’outils et d’informations. Des solutions comme Edelweiss, mais pas simplement : d’autres existent en mesure d’accompagner la création de communautés pour les librairies.

Autre dossier du groupe : le livre d’occasion. Très peu de détails donnés, sinon « le désir de s’inscrire dans une économie circulaire. Nous n’allons pas vendre des livres d’occasion, mais favoriser ces échanges, tout en prenant en comptes des contraintes juridiques ». La perspective environnementale est mise en avant, mais pas plus. 

L’environnement passera par une réduction maximale des flux et surtout des stocks. La solution Copernics, permettant l’impression à la commande, intégré dans la distribution, « doit être la véritable révolution ». L’objectif est, « à terme que nous ayons la majorité de notre production et celle de nos éditeurs partenaires qui passe par l’impression à la commande ».

Quand certaines maisons disposent d’une année de stock en réserve, voire beaucoup plus, la réduction des frais aboutira à « plus de stock, limiter les retours et intégrer une technologie RFID, pour un contrôle des exemplaires à la volée. C’est vraiment l’avenir de notre filière de se dire que l’on est beaucoup plus vertueux dans notre consommation de papier, et de réduction des transports ».

Michèle Benbunan - Arnaud de Puyfontaine

 
Cela nécessite une livraison rapide : « Idéalement, cela veut dire 24 heures. L’interprofession est organisée avec une plateforme qui s’appelle Prisme [NdR : plateforme qui regroupe les livraisons de colis]. Dans un premier temps, ce doit être une livraison sous 24 heures à Prisme. »
 

L'avenir du groupe, vers l'international


Avec 730 millions € de CA sur un peu plus de 12 mois, Editis surfe sur une belle réussite actuellement. Et des acquisitions sont clairement prévues, complétant celles déjà opérées — comme les éditions Héloise d’Ormesson et autres. L’international, donc, mais également sur la bande dessinée, « où nous ne sommes pas suffisamment présents ». Et pourquoi pas, « obtenir des prix littéraires, c’est-à-dire pousser vraiment notre côté littérature générale ».

Mais la principale action sera « de vendre plus de livres, considérant son importance, et de donner envie de lire, quelles que soient les cibles et les générations », reprend Arnaud de Puyfontaine. À considérer l’action menée sur les différentes antennes du groupe – Canal +, C8 ou CNews –, il revendique d’ailleurs d’être celui qui accorde le plus de place au livre. 

La promotion du livre passera donc par l’audiovisuel, mais également avec l’intervention de Havas, comme agence de communication, pour les auteurs et les maisons. 
 

Séduire les non-lecteurs avec l'audiolivre


Pour autant, Vivendi n’imposera pas de contrat avec un fléchage obligatoire des auteurs. Si « nous parlons de transversalité au sein du groupe, nous dirigeons surtout les offres en fonction des envies des auteurs. D’abord, procéder automatiquement n’aurait pas de sens, parce que cela ne fonctionne pas pour toutes les œuvres. Ensuite, les auteurs cherchent des approches différentes, qu’il faut entendre », note Michèle Benbunan. 

Un autre moyen pour « ajouter des revenus complémentaires, afin que l’auteur vive mieux ». Un avantage compétitif, certes, avec les différents métiers du groupe, peut-être en mesure de séduire des auteurs. « Nous présentons le service, comme les échanges avec Studio Canal, pour des adaptations audiovisuelles », insiste le président du Directoire. « Plus des deux tiers des initiatives dans l’audiovisuel reposent sur un livre, un roman qui est adapté. » 

Dans le même temps, améliorer les ventes consiste à aller chercher « les non-lecteurs qui ont plus souvent quelque chose dans les oreilles que devant les yeux ». Comprendre : l’audiolivre représente une ressource en mesure de conquérir un nouveau public. « Nous travaillons sur de nouveaux concepts, avec Universal Music, pour définir les goûts, les moments d’écoute ou la durée et les conditions. Un hub de compétences a été mis au point pour intégrer nos œuvres dans une approche audio. »


crédit photo : ActuaLitté CC BY SA 2.0


Commentaires
« Il n’est plus possible de se contenter de droits d’auteurs » : M. Vivendi, cela n'a jamais été possible pour 99 % auteurs, vu les 8 à 10 % de droits "généreusement" consentis, avec une touchante unanimité, par les éditeurs à leurs auteurs, et réglés de façon archaïque (une fois l'an, sans visibilité) : impossible d'en vivre, la grande majorité des auteurs (pas ceux dont les noms sont imprimés plus gros que les titres de leurs livres...) a, fort heureusement, un autre travail... Quand à "décloisonner l’auteur d’une trop stricte perspective d’écriture", quid des auteurs pour qui écrire c'est, justement se " cloisonner à une stricte perspective d’écriture " ? Au de la d'une poignée de "pointures", accepteront-ils benoîtement d'aller jouer h24 les représentants sous payés d'Editis ? L'avenir le dira...
Aïe... Généraliser l'impression à la demande, c'est l'impossibilité pour un auteur de récupérer ses droits sur son œuvre.
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