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Avis d'utilisateurs : Amazon impose de nouvelles contraintes

Clément Solym - 05.12.2016

Edition - International - commentaires avis utilisateurs - Amazon achat conseils - politique usages recommandations


Les commentaires publiés sur Amazon font de nouveau l’objet d’une nouvelle révision de la politique commerciale. Les utilisateurs sont ainsi limités à cinq produits annotés par semaine – sauf s’il est démontré qu’ils les ont achetés sur Amazon. Et, chose diablement peu étonnante, les livres, la musique et les films sont exempts de cette procédure... 

 

Womanly Advice

Katie Tegtmeyer, CC BY 2.0

 

 

Pour mieux maîtriser la qualité des commentaires publiés sur les fiches produits de son magasin en ligne, Amazon resserre encore la vis. Cette dernière mesure prise, qui intervient alors que la saison des fêtes bat son plein, n’est pas des plus surprenantes. 

 

Manifestement, plusieurs consommateurs ont reçu des courriels de la firme, leur faisant part de nouvelles mesures prises pour contrôler le fonctionnement de la plateforme. Un changement de politique qui s’appliquera avec une semaine calée du dimanche 12h au samedi 11h59. Durant cet intervalle, interdiction de poster plus de cinq critiques d’objets, à moins de les avoir achetés sur le site. 

 

Alors que les commentaires furent le moteur premier de recommandation pour la firme, les dérives n’ont pas tardé quand les observateurs se sont aperçus de la puissance qu’avait l’entreprise. Vendre sur internet, aux États-Unis, sera bien conjugué essentiellement avec le verbe, encore à inventer, to amazon, de la même manière que to google était apparu pour désigner le fait de faire des recherches sur internet.

 

Cette nouvelle solution a toujours pour vocation de limiter, voire éradiquer, les critiques frauduleuses, et garantir aux consommateurs une réelle fiabilité des avis. 

 

Faux positifs et vrais négatifs

 

En juin dernier, rappelons que la firme avait intenté un procès à des vendeurs qui achetaient pour leur propre compte des chroniques favorables. Amazon exigeait par ailleurs le paiement des bénéfices réalisés, les frais d’avocats et des dommages-intérêts de 25.000 $. 

 

D’autant que l’entreprise avait, le mois précédent, fait front contre une autre pratique détestable : dans un premier temps, seuls de faux commentaires positifs étaient apparus. Des sociétés proposaient de rémunérer des internautes pour qu’ils fassent l’éloge de tel ou tel produit. 

 

Mais le système a fini par se vicier et s’autodévorer, au point que de fausses critiques négatives ont commencé à fleurir. « Des commentaires honnêtes et impartiaux font savoir à nos clients qu’ils peuvent acheter en toute confiance sur Amazon. Amazon est très attentif à la qualité de ses commentaires clients », soulignait alors un porte-parole de la firme.

 

Alors, pourquoi exclure les livres, le cinéma et la musique de cette nouvelle politique commerciale ? Deux possibilités, selon ce que l’on sait de la firme : d’abord, les produits culturels, tout particulièrement en format dématérialisé, représentent une véritable manne commerciale. Autant ne pas se priver de ce que les clients peuvent acheter et lire, avant de poster des avis, puisque ce moteur de recommandation est particulièrement puissant.

 

Les avis d’Amazon et les blogs ont déchu les critiques littéraires de leur statut 

 

L’autre idée serait plutôt que la mainmise sur le marché du livre par Amazon est si évidente, que l’entreprise n’aurait aucun intérêt à froisser des acheteurs. Dans les deux cas, la société démontre une fois de plus tout son pouvoir, pour l’achat sur internet...

 

Continuer de siphonner les avis de grands lecteurs n’est donc pas au programme, tout en cherchant à positionner au mieux le curseur permettant de distinguer les bons acheteurs des faux clients. Après tout, il est plus crédible qu’une personne lise, voit des films et écoute de la musique, en quantité amplement supérieure à 5 œuvres par semaine. En tout cas, plus envisageable que l’achat de cinq aspirateurs, nous précise-t-on...