Babelio : 'Un espace qui s'organise selon les goûts des lecteurs'

Clément Solym - 10.07.2012

Edition - Société - Babelio - recommandation - choix de livres


Depuis quelques jours, le réseau social du livre, Babelio, a installé un nouveau service de recommandation d'ouvrages pour ses usagers. Avec plusieurs millions de livres lus ou découverts, depuis la création du site, l'échange et le partage sont au coeur du projet, qui assure franchir une nouvelle étape aujourd'hui. 




 

Pour profiter du nouveau moteur de recommandation, c'est très simple : « Ajoutez une cinquantaine de livres à votre bibliothèque et puis… et puis c'est tout ! » Car avec l'analyse des ouvrages proposés, les recommandations viendront d'elles-mêmes.

Vous pouvez ensuite découvrir pourquoi chaque livre vous est recommandé,  l'ajouter à vos piles à lire, ou noter que vous n'êtes pas intéressés. Plus vous noterez de livres, plus les recommandations s'affineront à l'avenir ! L'occasion de découvrir de nouvelles oeuvres …et d'ajouter les livres déjà lus mais oubliés. Et si vous souhaitez avoir des suggestions sur d'autres thématiques, il suffit de demander. 

 

Mais comme le précise Pierre Fremaux, cofondateur, pour ce qui est des briques techniques, « c'est un peu plus délicat ». La première volonté, c'est se démarquer des préconisations robotisées des sites marchands.

 

La brique techno et la brique socio

 

Sur les sites de vente, on propose souvent des ouvrages en relation avec ceux qui ont été achetés, consultés, ou simplement ceux que d'autres internautes ont regardés, suite à leur achat. Primaire. « Nous voulions parvenir à un outil bien plus sensible et plus fin. Pour cela, il a fallu analyser des millions de données, créer des noyaux thématiques, qui permettent de hiérarchiser les propositions faites. »

 

Mais au-delà de la dimension technique, c'est le volet social qui prime. Mieux : contributif. « Désormais, les utilisateurs entrent dans un espace qui s'organise selon leurs goûts de lecteurs. » Car après le traitement statistique, vient le traitement sémantique : « Notre algorithme, pour employer un vilain mot barbare, s'affine avec le temps, et se trouve enrichi par les apports des autres utilisateurs. Il continue de traiter les données qui sont envoyées, et par ce biais, fait des propositions de plus en plus pertinentes et fines. »

 

En somme, ma sélection de livres va permettre à un tiers de découvrir des oeuvres, parce que le moteur de recherche s'enrichira de nouvelles possibilités de propositions. Et si dans les recommandations qui sont faites, certains titres ne correspondent pas à mes critères, il est possible de les rejeter. Ce qui apporte de l'eau au moulin du moteur, qui apprendrait presque de ses erreurs. 

 

Ainsi, un amateur de romans graphiques ayant pour thème la dépression ou le féru de littérature colombienne sur l'alpinisme peut disposer des meilleures recommandations possible. Et, qui sait, l'un et l'autre peuvent tout aussi bien s'enrichir de nouvelles lectures à découvrir, ou déjà faites, parce que leurs goûts se croiseraient quelque part.

 

« C'est une technologie communautaire, qui ne sera jamais capable de sensibilité. Elle n'a jamais aimé un livre et n'en aimera jamais, aussi garde-t-elle cette limite. Evidemment, un robot croise des données, effectue des recoupements, pour proposer des réponses par affinités. Cela ne remplace rien, ni personne : c'est un outil. Mais il est capable de s'enrichir, et d'aider quelqu'un à trouver de nouvelles pistes de lectures, en profitant de la contribution de chacun. Et il s'améliorera avec le temps, et le classement que tous nos membres pourront apporter. »

 

Un robot plutôt utile, en somme.

 

Voir également l'analyse en détail, sur eBouquin