Baisse de la croissance pour Axel Springer, et profil bas face à Google

Julien Helmlinger - 07.11.2014

Edition - Economie - Axel Springer - Résultats financiers - Google


Le groupe d'édition allemand Axel Springer a fait état ce mercredi d'un ralentissement de la croissance de ses bénéfices de base au troisième trimestre, précisant que le déclin continu des ventes imprimées a pesé dans la balance. Avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA) les bénéfices hors éléments exceptionnels auraient ainsi progressé de 2 %, par rapport à l'année précédente, pour atteindre les 97,8 millions €.

 

 

Google Logo in Building43

Partenaire incontournable - CC by 2.0 par Robert Scroble 

 

 

Si la croissance reste au rendez-vous, elle est toutefois bien moindre qu'au second trimestre (8 %) ainsi qu'en comparaison au premier (14 %). Tout comme ses pairs The New York Times, le Wall Street Journal de News Corp ou encore le Financial Times de Pearson, le groupe s'engage dans une politique de dématérialisation et s'adapte à un public qui se tourne de plus en plus vers leurs smartphones et tablettes comme sources d'informations.

 

La division modèles payants du groupe allemand, qui inclut les versions imprimées de ses publications, rapporte une chute de 40 % de son EBITDA au troisième trimestre. Axel Springer continue néanmoins de prévoir une hausse de son chiffre d'affaires d'environ 5 % cette année et une hausse de son excédent brut d'exploitation, entre 10 % et 15 %.

 

Par ailleurs, après avoir tenté de faire plier Google, demandant au géant d'être rétribué pour les extraits d'articles cités dans ses actualités, le groupe allemand s'est déjà incliné. Pendant deux semaines, il aura interdit à Google de diffuser ces extraits gratuitement, il en aura résulté une baisse de 40 % d'audience sur l'ensemble des sites d'Axel Springer. Un sacré flop, qui aura vu le trafic des internautes redirigés à partir de Google Actualités dégringoler de 80 %. 

 

Pour le PDG Mathias Döpfner, il s'agit probablement de l'échec le plus cuisant qu'aura jamais rencontré le groupe. Amer, il pointe ce qu'il perçoit comme une « discrimination » aux lourdes conséquences, due à la toute-puissance du géant américain.

 

Du côté de Google, on se réjouit plutôt de ce revirement de situation, en arguant apporter « plus de 500 millions de clics à des éditeurs allemands chaque mois », et des partenariats publicitaires qui auraient généré pour ces éditeurs 1 milliard € de chiffre d'affaires ces trois dernières années.