Baisse de TVA sur le livre et ebook : l'édition s'en est 'remise'

Cécile Mazin - 01.02.2013

Edition - Economie - librairie - remise sur les livres - TVA


La question de la TVA sur les livres agite quelque peu les esprits, depuis la publication d'un article signé du rédacteur en chef de l'UFC Que Choisir, sur le site internet. En effet, depuis le 1er janvier, le taux a été réduit, revenant à 5,5 % contre les 7 % en vigueur, que le plan de rigueur Fillon II avait mis en place l'an passé. De même, la TVA sur les livres numériques, harmonisée sur celle du papier, est donc repassée à 5,5 %.

 

 

Salon du livre de Paris 2012

Crédit ActuaLitté

 

 

Dans un article précédent, ActuaLitté avait signalé que les prix n'avaient cependant pas bougé, que ce soit sur le papier ou le numérique. Les éditeurs fixent le prix de vente qu'ils souhaitent, conformément à la législation de 81, mais sur un panel de 14 titres surveillés entre le 18 décembre et le 5 janvier, ebook et pbook, nous n'avions remarqué aucune variation tarifaire. 

 

En réaction à cet article, les éditions D'un Noir Si Bleu, qui étaient déjà intervenues l'an passé, pour revendiquer une position en faveur du lecteur. « Aujourd'hui, dans le silence assourdissant de l'édition en général, nous souhaitons vous informer du choix qui est le nôtre suite à la récente baisse de TVA sur le livre. Depuis le 1er janvier, nous sommes revenus à 5,5%. Dans la même logique que celle retenue l'an passé, nous avons réduit nos prix à due concurrence », souligne l'éditeur. 

 

Ainsi, le prix des livres répercute la baisse de TVA, et l'éditeur s'étonne que « cette position d'équité et de respect des lecteurs soit archi-minoritaire ». Alors que le risque, ajoute-t-il, est évident. « Impact et les hausses de taxes sur les lecteurs et conserver le bénéfice des baisses pour nous éditeurs, il n'y a pas meilleur moyen de mésestimer les lecteurs »  

 

Et de conclure : « Notre position ne changera pas le monde, mais l'édition sans lecteurs ne peut exister. Et je parle de lecteurs, pas de consommateurs ou de clients ! Les petites entreprises du livre n'ont pas de clients, mais des amis complices qui viennent dans "leurs librairies" chercher les livres de "leurs éditeurs". Il n'y a que ce chemin. »

 

Mais revenons à cet article de l'UFC Que Choisir : ce dernier évoque deux points qui intriguent... les professionnels eux-mêmes. 

Selon les professionnels du secteur, le législateur aurait accepté de ne pas toucher au prix de vente des livres, d'où un gain de marge pour les libraires.

Et par ailleurs : 

Tout juste la profession suggère-t-elle de consentir une ristourne de 1,43 % sur le prix de vente d'un livre en stock avant le 31 décembre 2012 aux clients qui reprocheraient ce gain de marge engrangé sur leur dos.

Sur un ouvrage de 20 € le gain serait alors inférieur à 30 centimes, mais toujours bon à prendre. Or, le problème est que les lecteurs qui, forts de cette information, se sont rendus en librairie pour réclamer un rabais, se sont fait claquer la porte au nez, et envoyer sur les roses, plus ou moins aimablement. 

 

Si le Syndicat de la librairie française n'a toujours pas répondu à nos questions sur ce point, le Syndicat des éditeurs, pour sa part, reste perplexe. Attendu que l'éditeur fixe librement sa politique tarifaire, avec son diffuseur, on comprend mal l'idée que le législateur serait intervenu à quelque niveau que ce soit. 

 

Par ailleurs, concernant la ristourne de 1,43% dont il est fait état dans l'article, personne ne semble comprendre d'où elle provient, pas plus que de sa source. « Nous pouvons néanmoins signaler qu'à notre connaissance, de nombreux distributeurs ont procédé, de nouveau, à des opérations lourdes de modifications des prix . Il peut y avoir aussi un étalement, tous n'étant pas en capacité de refaire une manipulation au premier janvier. »

 

Sauf que cette histoire de remise de 1,43 %... personne ne semble en avoir entendu parler. ActuaLitté n'est pas non plus parvenu à contacter le rédacteur en chef de L'UFC, pour qu'il nous apporte quelques explications. Avant de se brouiller avec son libraire, mieux vaut se renseigner, semble-t-il...