Banlieues : soutien financier des établissements privés

Clément Solym - 16.02.2008

Edition - Société - banlieues - établissements - privés


La création de ce « fonds d’intervention spécifique » en faveur de l’installation d’établissements privés dans les zones dites sensibles n’a pas manqué de soulever de nombreuses protestations quand le public souffre de multiples suppressions de postes.

Une liberté de choix entre public et privé

Le ministre de l’Éducation nationale explique cette mesure par une présence encore trop ténue du privé dans les banlieues alors que le suivi apporté dans ces établissements a déjà fait ses preuves face à des publics en difficulté. Il veut ramener une égalité dans le choix : « Je suis le ministre de toutes les formes d'enseignement, et je veux offrir aux familles la même liberté de choix que celles dont disposent les familles des centres urbains ».

Un avantage donné au privé…

Face à l’arrivée de ce fonds, les différents syndicats de l’éducation ont vivement réagi, estimant qu’encore une fois, on vient créer une concurrence qui n’a pas lieu d’être entre deux systèmes éducatifs. Le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU, premier syndicat de l'Éducation) Gérard Aschieri s'est dit « scandalisé » par cette annonce, évoquant outre la question des moyens, un discours « méprisant » pour le public.

…alors que le public souffre de couples claires

Les 11200 postes supprimés à la rentrée 2008 dans le public reviennent rapidement sur la table en regard de cette proposition de subvention. Faire appel au privé pour pallier l’insuffisance du service public met le feu aux poudres. Pourquoi ne pas alors donner ces moyens supplémentaires aux établissements publics déjà en place sur le terrain.

Patrick Gonthier, secrétaire général de l'UNSA-Education, voit avant tout dans cette annonce une « logique qui ne pourra qu'entraîner une aggravation de la concurrence entre établissements ». On se dirige non pas vers une plus grande égalité d’éducation mais bien vers un avantage accordé à l’école privée. C’est, selon l’UNSA-Education, une agression de plus envers le service public et ses agents.