BAnQ en grève : les salaires de la fonction publique trop déséquilibrés (Québec)

Nicolas Gary - 16.08.2018

Edition - Bibliothèques - BAnQ Quebec grève - convention collective BAnQ - fonction publique Québec


Depuis plusieurs mois, la situation de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) est délicate. La direction de l’établissement laissée vacante durant une année a été confiée à Jean-Louis Roy, un choix alors vivement contesté. Et trois mois plus tard, c’est un débrayage des employés qui intervient en plein été.

 


Crédit Florian Daveau


 

Voilà trois ans que les salariés de BAnQ attendent une révision de la convention collective, considérant qu’ils sont moins bien traités économiquement que d’autres organismes parapublics. Une première grève survenue le 3 juillet sonnait déjà l’alarme : une convention leur avait été présentée, mais loin de faire l’unanimité.

 

Tout le problème est de définir comment la fonction publique va prendre soin de ses salariés. « Si on accepte ce qui est sur la table présentement, les mêmes corps d’emploi dans la fonction publique, en 2020, seront mieux rémunérés et les conditions de travail seront meilleures que ceux de la BAnQ », expliquait une gréviste, en juillet. (via Radio Canada)

 

En janvier 2018, ces mêmes questions étaient déjà mises sur la table : comment faire pour que les métiers ne soient pas précarisés ? La volonté de paralyser les services de bibliothèques pour faire prendre conscience de l’urgence devenait l’unique solution. 

 

Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec qui a appelé à la grève pour une première journée ce 14 août. Et de rappeler que, le 6 juin, un mandat de grève pour cinq jours avait été voté à 97 % : la première s’est déroulée le 3 juillet, et d’autres suivront donc. 

 

« Alors que BAnQ doit constamment déployer de nouveaux contenus, outils et services pour demeurer une institution culturelle en phase avec le présent et tournée vers l’avenir, son déploiement et son rayonnement sont gravement mis en danger, faute de moyens adéquats », indique le SPGQ dans un communiqué. 

 

146 livres anciens autochtones
au Registre de la Mémoire du monde du Canada

 

Au cours des neuf dernières années, BAnQ aura subi des ponctions budgétaires de 15 millions $, avec quatre vagues de suppressions d’emplois. « À l’été 2017, la dernière compression budgétaire a engendré l’abolition de six postes professionnels permanents, sans compter les postes occasionnels qui prennent fin prématurément. Les postes visés sont ceux de bibliothécaire, d’archiviste, d’agent culturel et d’agent de recherche. »

 

Briseurs de grève ; équité salariale
 

Dans le même temps, BAnQ s’est vu condamner par le Tribunal Administratif du Travail, pour avoir eu recours à des briseurs de grève, lors de la journée du 3 juillet. Le SPGQ avait en effet dénoncé qu’un cadre embauché après le début de la phase des négociations, même si cela est pour remplacer un cadre engagé antérieurement à cette phase, ne peut sous aucun motif effectuer les tâches d’un salarié en grève.
 


 

Le TAT a ainsi ordonné non seulement que BAnQ se conforme aux dispositions légales en regard du droit de grève, et fasse cesser ces méthodes, sans délai. 

 

Quant à la convention collective à proprement parler, elle découle de la loi qui, voilà plus d’une vingtaine d’années, fut adoptée pour encadrer l’équité salariale. Le problème, explique Jeannine David-McNeil, professeure à l’école des HEC de Montréal, vient de ce que « dans la loi, c’est écrit que les écarts salariaux vont s’apprécier à l’intérieur d’une même entreprise, ce qui fait que vous comparez les salaires à l’intérieur d’une entreprise ». (via Radio Canada)

 

Conclusion : entre établissements publics, des différences se creusent. « Jusqu’à présent, le gouvernement propose au personnel professionnel de BAnQ des conditions de travail nettement inférieures aux expertes et experts d’autres administrations publiques qui effectuent des tâches similaires », pointe le SPGQ.


Et de conclure : « En outre, il existe une disparité importante entre la rémunération de certaines catégories d’emplois à BAnQ et le secteur privé. Par exemple, en 2017, dans le secteur des technologies de l’information, l’écart de la rémunération globale des analystes de l’informatique et des procédés administratifs est d’environ 14 % pour le personnel au sommet de l’échelle salariale, et ce, en faveur des entreprises privées de 200 employés et plus au Québec. »




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